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L’hypothyroïdie
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Votre poids et votre thyroide

La thyroïde ne parvient plus à fournir suffisamment d'hormones thyroïdiennes à l'organisme. Ce tableau est caractérisé par une fatigue intense, une apathie insolite, une perte de tonus, la diminution considérable de l'élan vital ; une prise de poids souvent importante et rapide de plusieurs kilos. Cette prise de poids est faite de graisse mais aussi d'œdèmes, de gonflements, de bouffissures du visage, des jambes. L'apparition d'une frilosité insolite, une chute des cheveux, une sécheresse de la peau (comme des " écailles "), une constipation, doivent attirer l'attention.

Le dosage biologique montre une TSH ultrasensible très élevée, au-delà des normes du laboratoire dans lequel on a effectué le dosage, en général supérieur à 5 unités. Les hormones thyroïdiennes sont elles-mêmes basses.

Le tableau d'hypothyroïdie est rarement aussi évocateur et c'est bien là le piège de cette maladie. Les petites hypothyroïdies sont suffisamment discrètes pour détériorer considérablement votre qualité de vie, sans pour autant donner forcément l'alerte au médecin traitant... Car, quoi de plus banal que des symptômes tels qu'une prise de poids, une chute de cheveux ou encore une déprime accompagnée d'une fatigue importante ?

Il est pourtant fondamental de dépister une hypothyroïdie, car sinon on risque de méconnaître la raison de cette fatigue incompréhensible accompagnée d'une prise de poids importante. Il n'est d'ailleurs pas exceptionnel de retrouver une hypothyroïdie fruste alors que l'on pensait n'être confrontée vers 50 ans qu'à une périménopause ou à une ménopause. Et je dois dire que je suis souvent surpris de sa résistance lorsque je rencontre une de ces femmes aux prises avec deux carences hormonales fondamentales : la carence estrogénique et la carence thyroïdienne.

Un examen suffit à évoquer le diagnostic : c'est le dosage de la TSH ultrasensible, l'hormone hypophysaire, qui est augmentée en cas de thyroïde " paresseuse ".

On y adjoindra en général un bilan général et en particulier les graisses sanguines. Le cholestérol, nous l'avons vu, est souvent élevé en cas d'hypothyroïdie avec un rapport cholestérol/HDL cholestérol — un marqueur important du risque cardio-vasculaire — souvent supérieur à 4 ou à 5.

Le dosage des anticorps thyroïdiens se révèle parfois positif. En effet, certaines hypothyroïdies sont le résultat de maladies immunitaires au cours desquelles les anticorps, fabriqués par notre organisme lui-même, sont dirigés vers... l'organe malade ! Les plus connus sont les anticorps antithyroglobulines (Ac anti-TG) et les anticorps antimicrosomes thyroïdiens.

Les causes les plus fréquentes de l'insuffisance thyroïdienne sont les inflammations de la thyroïde (thyroïdite subaiguë) et les maladies du système immunitaire (l'organisme fabrique des anticorps qui " attaquent " la glande) dont la plus célèbre s'appelle la thyroïdite de Hashimoto.

 

Le traitement de l'hypothyroïdie

 

Si vous avez consulté un médecin parce que vous vous débattiez depuis plusieurs mois ou années avec un surpoids invincible et qu'il a finalement fait le diagnostic d'insuffisance thyroïdienne grâce entre autres à un dosage de la TSH ultrasensible qui est revenu considérablement augmenté, vous avez... bien de la chance ! En effet, le diagnostic va permettre à votre médecin de vous prescrire un médicament qui... vous fera maigrir. Pour une fois, la fameuse " pilule " que vous nous réclamez tant lors des consultations peut vous être prescrite : il s'agit des hormones thyroïdiennes. Et, autant la prescription d'hormones thyroïdiennes chez un homme ou une femme dont la thyroïde fonctionne normalement est tout simplement criminelle et scandaleuse, autant, dans le cas précis de l'insuffisance thyroïdienne, cette prescription s'inscrit dans une logique toute lumineuse. Et dans ce contexte, la prescription d'hormones thyroïdiennes va permettre, en l'espace de quelques mois, de littéralement faire " fondre la graisse ", d'améliorer considérablement tous les symptômes qui, depuis souvent assez longtemps, sabotaient votre quotidien : fatigue, cafard, perte de cheveux, frilosité... L'augmentation du métabolisme de base permet la restitution d'une dépense énergétique normale : ce sont souvent plusieurs centaines de calories quotidiennes que vous êtes à nouveau apte à brûler et qui ne viendront pas alimenter votre stock énergétique de réserve, c'est-à-dire votre tissu graisseux.

Il s'agit ici, vous l'aurez compris, d'une prescription de substitution : nous allons vous donner des hormones thyroïdiennes de telle manière que la concentration sanguine de ces hormones soit à nouveau normale. On vous prescrit donc des médicaments dont le chef de file est le Lévothyrox® qui se présente sous la forme de comprimés à 25, 50, 75, 100 ou 150 microgrammes.

L'administration de cette hormone thyroïdienne entraîne immédiatement :

– une augmentation de la consommation d'oxygène de tous les tissus constituant le corps ;

– surtout une augmentation du métabolisme de base, qui se voit ainsi restitué une consommation énergétique adéquate ;

– une augmentation du rythme cardiaque.

On commence en général par des doses minimes, par exemple Lévothyrox® 25 ou 50, 1 comprimé par jour. Puis, sous contrôle des dosages hormonaux, et en particulier de la TSH ultrasensible, on augmentera, mois après mois, de telle manière qu'une dose idéale soit atteinte. Par exemple : Lévothyrox® 75 ou Lévothyrox® 125. Nous savons que nous sommes à dose idéale dans la mesure où la TSH ultrasensible est régularisée, que les symptômes d'hypothyroïdie ont disparu et qu'en contrepartie aucun des symptômes de surdosage — extrasystoles, palpitations, nervosité, insomnies, excitabilité, céphalées, sueurs, élévation de la température, amaigrissement trop rapide et insolite, diarrhées,... — n'est apparu. Ce traitement doit donc être progressivement mis en place, parfois sur deux, trois ou quatre mois, dans la mesure où l'on veut absolument éviter les situations de surdosage thyroïdien qui sont dangereuses, en particulier sur le plan cardiaque, et peuvent conduire à l'hospitalisation en urgence. En effet, le surdosage thyroïdien peut aggraver toutes sortes de maladies cardiaques, en particulier les insuffisances coronariennes (les coronaires sont " fatiguées "), les troubles du rythme cardiaque.

Une fois la dose d'extrait thyroïdien trouvée, on la gardera pour de longs mois, voire de nombreuses années. Le dosage thyroïdien sanguin régulier bisannuel ou annuel attestera que le traitement et la dose utilisés sont toujours d'actualité.

 

En conclusion de ce chapitre, vous aurez compris qu'il me semblerait tout à fait dommage que, dans le bilan sanguin que tout médecin se doit de demander chez une femme qui consulte pour surpoids, on omette d'explorer la glande thyroïde. Il ne s'agit bien évidement pas de demander des examens complexes et coûteux : la TSH ultrasensible normale atteste de façon simple que la glande thyroïde fonctionne normalement. À l'inverse, lorsqu'elle revient élevée, au-dessus de la norme du laboratoire, elle impose d'explorer plus avant le fonctionnement de la glande avec demande par exemple des anticorps antithyroïdiens et une exploration échographique, voire scintigraphique. Dans ce contexte, le cholestérol souvent élevé participe des multiples anomalies métaboliques qui expliquent le surpoids. La connaissance d'une éventuelle hypothyroïdie est évidemment fondamentale dans le contexte de lutte contre le surpoids : la mise en œuvre du traitement, une fois l'affection reconnue, fera gagner à tous un temps précieux, en même temps qu'il garantira la réalité de l'entreprise de contrôle du poids.

 

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