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Cauchemar de médecins
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Nous sommes en 2015. Donc dans pas si longtemps ! Tu entres dans une pharmacie (*) et telle une petite souris, tu écoutes-regardes ce qu’y s’y passe.

Et là, franchement tu t'étonnes !

Le décor a changé : un grand espace où, certes, il y a encore le « Comptoir » mais autour de lui une multitude de petits cabinets, mais oui… de consultation ou t'attendent des praticiens non médecins! Ici c'est la diététique, ici ce sont les conseillers pédiatriques, ici la douleur, ici le pôle infirmier qui t'administre sur place le vaccin ou  l'intraveineuse ou l'antidouleur qui vient d'être délivré… .Enfin là, bien en vue, le « must » de chaque pharmacie,  la fameuse « consultation pharmaceutique » qui te dispense -individuellement- les bons conseils sur les interactions médicamenteuses de ton ordonnance, rectifie éventuellement sa posologie, contrôle l'absence de contre indications... .

Tu t'informes : « Mais qui sont tous ces gens » ? Et le pharmacien qui, tel un capitaine sur son navire, gère tout ce personnel te répond un rien étonné : « Mais voyons d'où sortez vous ? Ce sont les praticiens pharmaceutiques de ma pharmacie, bien sûr... ».

De plus en plus intrigué(e), tu déambules alors et « derrière le comptoir » (**) tu aperçois des médicaments « en libre accès » : on te propose ici  sans ordonnance et non remboursés bien plus que du paracétamol ou des pastilles pour la gorge : tu peux acheter librement des triptans, des antimycosiques, des antibiotiques urinaires, des pilules contraceptives... .

Tu demandes alors au Maître de Céans s'il y a encore des médecins dans le pays. « Oh oui, il y en a encore ! Mais ils ont bien des misères et l'âge d'or est passé, vous comprenez ils revenaient définitivement trop cher à la collectivité ! » Roseline Bachelot et Sarkosi leur ont définitivement réglé leur compte il y a déjà quelques années avec la loi HPST. Et nous, si fréquemment méprisés et taxés de « tiroirs caisses », nous sommes devenus fièrement l'outil No1 des économies de Santé. Il poursuit, narquois : « Cela avait commencé en 1999, quand on nous a donné le droit de substitution et depuis nous n'avons cessé de grignoter sur les médecins avec une logique implacable : nous faisons aussi bien mais... moins cher pour la Sécu !

-Tu t'étonnes : « Parce que tout est gratuit ici » ?-« Bien sûr que non » ! me répond le Docteur (en pharmacie) : « On nous a autorisé de bonnes marges et ce sont donc les clients (et leurs mutuelles qui ont aussi été mises au pas elles aussi) qui financent le plus gros des prestations que nous leur « offrons ».

Lumineux ! Décidemment nos politiques sont merveilleux ! Les dépenses de santé devenaient vraiment trop lourdes à la collectivité : on décida alors, à la fin des années 2000, de faire payer à chaque citoyen(ne) une bonne partie de sa protection Santé avec la complicité de ceux que je baptise les PPS : les « Praticiens Pharmaceutiques de Santé ». C'est pas de la bonne gestion, ça ?

Tu te réveilles en nage. Ouf ! Ce n'était qu'un…. cauchemar ?

*Pharmacie=φάρμακον / pharmakôn signifiant drogue, venin ou poison

**OTC= Over The Counter







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