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QUE SONT NOS PHEROMONES DEVENUES?
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Ah ! Celui (celle) là, je ne peux décidément pas le (la) sentir ! Expression courante s'il en est, non?


Le bon peuple - qui n'a jamais tort - traduisez le "bon sens" populaire, ne s'est pas trompé : il y a bien "quelque chose", qui, volant jusque nos délicates narines, transitant par le nerf olfactif, atterrit entre dans le secret de quelques-unes de nos circonvolutions cérébrales et déclenche alors des sentiments affectifs allant de la simple haine spontanée au coup de foudre qui tue.
Ce sont les fameuses "phéromones" qu'à notre insu, nos glandes sudoripares exhalent à tous vents.
Ce "média chimique" méconnu est redoutable car il s'agit de molécules volatiles à effet neuroendocrinien immédiat dont l'émetteur ne contrôle absolument pas les effets. Redoutables aussi car ces effluves déclenchent chez le "receveur" des mécanismes secrets qui ont une influence majeure sur nombre de ses comportements. Car une fois le bouquet chimique reçu et décodé, c'est de la sympathie, de l'animosité, de la tendresse, du désir... à la clé.
Les phéromones stimulent une recherche scientifique extrêmement active. Tenez : j'ai tapé "phéromones" sur www.ncbi.nlm.nih.gov/pubMed, (le site Internet du Medline), et j'ai obtenu près de 400 articles scientifiques publiés sur le sujet depuis seulement... 2 ans !

Toutes sortes d'études ont définitivement établi non seulement la réalité de ces étranges senteurs qui ne sentent rien mais aussi leur pouvoir - entre autres - à modifier le cycle ovarien. Par exemple toutes les femmes d'une même communauté finissent par synchroniser leurs cycles. Ou encore : les précieuses phéromones recueillies sous les bras de femmes en fin de phase folliculaire accélèrent le pic pré-ovulatoire du LH (hormone qui fait ovuler) et raccourcissent les cycles menstruels d'autres femmes à qui on les fait "respirer" alors que l'effet est inverse sur leur cycle lors d'un recueil "axillaire" en phase ovulatoire! (1).
Et savez-vous que des phéromones mâles (androsténol/androsténone) de la sueur d'homme ont un effet direct sur les cycles menstruels et que les phéromones femelles les copulines (tout un programme !) des sécrétions vaginales stimulent et le comportement et les sécrétions hormonales sexuelles des heureux hommes récipiendaires (2) ? Les animaux fonctionnent encore beaucoup aux phéromones. Mais, nous - humains - que sont devenues nos phéromones ? Je vous le demande.
Rançon du progrès des pays riches, nous sommes de plus en plus lavé(e)s, désodorisé(e)s, aseptisé(e)s savons-nous encore envoyer quelques messages olfactifs efficaces vers les autres ? Pire, n'avons-¬nous pas progressivement corrompu ce mécanisme subtil ? Mon Dieu je tremble ! Et si dès lors nous transpirions des messages erronés induisant l'antipathie, voire pire alors que nous sommes bons, vrai¬ment bons, comme du bon pain au fond de chacun(e) de nous ? Demain, j'arrête ! Le savon, le déodorant, l'eau de toilette - c'est ter-mi-né! Je ne veux plus perturber mes "messages cutanés". Bon ! C'est une blague : je n'arrête rien - trop peur que vous ne pouviez plus "me sentir" - au sens odorifère du terme.
Décidément, dans ce domaine comme dans les autres, "la nature de l'homme est bien de lutter contre la nature!" (3).
Notes
1. Stern K. et col. Nature 1998, 392, 177-9.
2. Grammer K. et col. Gynacol Geburtshilfliche Rundsch 1997, 37, 150-3.
3. Pr Albert Jacquart.


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