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LA SEXUALITÉ DE L'ÂGE MÛR
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La sexualité est une activité des plus enthousiasmante. Le désir, le plaisir éprouvés lors de l'acte amoureux ne constituent pas des sensations « innocentes »: la nature a sans doute voulu associer au rapport sexuel la dimension de la jouissance et du bonheur afin de garantir la perpétuation de notre espèce.

Les stimuli visuels, olfactifs et tactiles composent les ingrédients de l'amour. La passion amoureuse, sorte d'immense charivari hormonal cérébral, attise le désir comme le ferait le mistral des braises d'une garrigue en feu.
Dans les premières années de la jeunesse, la puissance des attirances et des plaisirs compense l'inexpérience. Au fil du temps, le couple se connaît mieux et améliore souvent ses pratiques sexuelles. Cependant, les premiers stimuli s'amenuisent, perdent de leur force. Si la relation affective du couple n'évolue pas vers une estime profonde, une quasi-impossibilité de vivre l'un sans l'autre, la sexualité se trouve alors en danger : la routine, la banalisation risquent de s'installer. La sexualité d'un couple doit impérativement se modifier sous peine de perdre tout intérêt. Cette activité humaine, si enivrante en soi, reste l'un des merveilleux médias interhumains; encore faut-il avoir des choses à se dire, des sentiments à exprimer, du plaisir à être à deux tout simplement.
Vers 40 ans, les couples traversent souvent une crise difficile. Sauf exception, les ingrédients,
« rapides » et « explosifs », de la nouveauté du corps de l'autre, la curiosité de sa pratique, l'extase et l'émerveillement, font place à de nouvelles exigences : le partenaire ose enfin exprimer ce qu'il aime le plus et ce qu'il apprécie le moins. La tentation d'« aller voir ailleurs » devient plus forte. Cette solution paraît, dans notre culture, mieux acceptée pour l'homme que pour la femme. Malheureusement, les couples résistent rarement à l'« infidélité » sexuelle : chacun estime, même s'il ne l'exprime pas, que le corps de l'autre lui « appartient ».
Entre 40 et 50 ans, aucune modification physiologique ne vient perturber la sexualité sur le plan biologique. Sauf exception, les concentrations sanguines des hormones sexuelles ne subissent pas, au cours de ces années, de changements notables chez les 2 sexes. Les éventuelles transformations trouvent donc le plus souvent leur origine dans la crise existentielle de la quarantaine, qui révèle parfois l'urgence de décider des grandes directions de sa vie, choix souvent chargé d'incertitudes et d'angoisses.
L'abord de la cinquantaine reste tout différent : la ménopause se trouve au rendez-vous féminin, l'andropause et, parfois, les premiers gros problèmes de santé (infarctus, hypertension artérielle, diabète...) attendent l'homme. L'homme et la femme se trouvent à un tournant de leur sexualité. Si celle-ci n'a pas évolué positivement entre 40 et 50 ans, l'« éclatement » risque maintenant de se produire : de nombreux couples encaissent alors de plein fouet une dégradation rapide de leur sexualité.

La sexualité des femmes de cinquante ans

50 ans, pour une femme, représente un « branle-bas de combat physique, affectif et physiologique. Le passage du demi-siècle ne s'effectue pas aisément : le corps n'émet plus de signaux érotiques aussi puissants que par le passé; le partenaire masculin vit, en général, une crise existentielle, une sexualité à la baisse ; et une carence hormonale brutale vient encore accentuer le côté négatif de la situation. Beaucoup de femmes ne ressentent plus l'envie de faire l'amour: « Docteur, ça ne marche plus du tout ; je suis bloquée », ou : « Ah ! Quelle nostalgie ! J'ai l'impression d'avoir perdu un peu de moi-même.», ou encore : « Lorsqu'il me touche, cela ne me fait plus rien ; c'est terrible! » D'autre part, l'absence de règles, la fatigue, la sécheresse vaginale désespèrent de nombreuses femmes et « sabotent » complètement la relation sexuelle.
Le partenaire masculin ne peut méconnaître ces modifications physiologiques : il est possible de mentir à son compagnon et de lui faire croire que les rapports ont été « merveilleux », mais il devient plus difficile de lui cacher un manque quasi total de lubrification vaginale. A la douleur vaginale, à l'absence de désir et de plaisir s'ajoute la peur de détourner son compagnon, de l'inviter à changer de partenaire. (Je rappelle, que la sécheresse vaginale provoquée par la ménopause ne résiste pas à un traitement hormonal bien conduit.)
Cependant, certaines femmes convenablement traitées ne redécouvrent pas le désir ni les facultés d'accès au plaisir. Comment expliquer cette impossibilité orgasmique alors que nous avons rétabli -tous les équilibres hormonaux - je parle, bien entendu, des femmes qui connaissaient une sexualité satisfaisante avant leur ménopause.
Je crois avoir compris l'un des mécanismes principaux de cette « libido perdue ». Les hormones ne semblent pas en cause. Les femmes, tout comme les hommes, restent tétanisées, inhibées par le souvenir d'échecs répétés durant plusieurs semaines ou plusieurs mois - tout comme l'homme qui, ayant eu quelques difficultés ponctuelles d'érection, conserve parfois pendant longtemps une inquiétude capable d'engendrer l'impuissance. Il est extrêmement difficile de faire l'amour convenablement en s'observant et en gardant « en tête » une logique d'échec. Les femmes n'échappent pas à cette spirale : elles éprouvent parfois des difficultés à retrouver l'harmonie, la sérénité indispensables au plaisir. Elles doivent « réapprendre à faire l'amour - un peu comme les adolescentes, qui, après des premiers rapports quelquefois difficiles, vont connaître l'épanouissement. Les hommes et les femmes ont besoin d'être heureux pour ressentir pleinement le plaisir.
Enfin, la cinquantaine draine de nombreux conflits - situations tendues affectives, relationnelles, professionnelles -, qu'il convient de gérer de toute urgence. On ne peut pas faire l'économie de cette crise, aussi violente que celle de l'adolescence. Les analogies sont d'ailleurs pantes : une réflexion intense, l'adaptation à une autre étape de l'existence, une remise en question sociale et affective, précèdent les nouveaux équilibres hormonaux. Il faut, en effet, réapprendre à vivre à deux avec un partenaire parfois en crise, accepter le départ des enfants, réévaluer ses amitiés, affiner ses jugements sociaux, se trouver des raisons d'exister, d'être heureux, de continuer. Cette crise, nécessaire à notre évolution, à notre avenir, participe à un enrichissement personnel mais doit être résolue rapidement.
La crise de la cinquantaine existerait même sans carence hormonale ovarienne : la majorité des hommes rencontre aussi ces difficultés existentielles. Ajoutez à cela la violence de la crise ovarienne et de ses symptômes, qui empêche de puiser en soi les forces pour réagir, entrave sa propre remise en question, amoindrit les chances de sortir victorieuse de cette situation. Je le répète avec force : si la thérapeutique hormonale de la cinquantaine ne permet pas de faire l'économie de cette crise, elle apporte les moyens de la gérer au mieux et dans les plus brefs délais.

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