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LA PÉRIMENOPAUSE ET LA PILULE
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La périménopause est une phase très "agitée" de la vie des femmes :

ces cinq années qui précèdent la ménopause pro¬prement dite sont une période de troubles hormonaux le plus souvent très gênants, à type de gonflement du corps, douleurs de seins, prise de poids, alternant avec des périodes de suées ou de bouffées de chaleur nocturnes, de moments de déprime et de découragements, de douleurs articulaires, etc. ; les règles - et c'est un des signes majeurs de la périménopause - se désorganisent peu à peu et vous font subir des cycles de dix à quinze jours alternant parfois avec des absences de règles pouvant atteindre deux à trois mois !
Le rééquilibrage hormonal de cette période est essentiel pour effacer la succession de ces symptômes de nature à décourager les plus vaillantes ! Parmi les moyens thérapeutiques, la pilule contraceptive (!) représente une stratégie intelligente. En effet, il est parfois impossible, comme nous le verrons, de complémenter les différents besoins hormonaux créés par l'instabilité des ovaires. La pilule représente alors le moyen qui, tout en blo¬quant les ovaires (pour éviter qu'ils ne viennent "parasiter" une situation hormonale déjà très variable), apporte les ingrédients hormonaux essentiels à votre équilibre : les estrogènes et les hormones proches de la progestérone. Et c'est un fait : les femmes qui abordent leur périmé¬nopause vers 45/50 ans, alors qu'elles sont toujours sous pilule, ignorent totalement qu'elles sont en train de traverser cette pério¬de hormonale difficile. J'ai l'habitude de dire à mes patientes que la pilule est une façon très habile de traverser la périménopause "en fau¬teuil première classe".
Encore faut-il que vous ne présentiez aucune contre-indication dans la mesure où vous avez dépassé votre quarantième anni¬versaire : la pilule est alors interdite aux femmes qui fument, qui ont une hyperten¬sion artérielle, qui sont obèses, diabétiques ou encore hypercholestérolémiques ou hy-pertriglycéridémiques - pour ne citer que ces contre indications. À vrai dire, la majorité¬des femmes abordant leur périménopau¬se ne présentent aucune contre-indication à la pilule contraceptive. Encore faudra-t-il, bien évidemment, et ici plus encore qu'auparavant, n'utiliser que des produits faiblement dosés, voire même pour certains ne contenant que des progestatifs dits de troisième génération.


Plusieurs cas de figure


Vous prenez la pilule depuis de nombreuses années et vous traversez, sans le savoir, la période de votre périménopause. La pilule, en même temps qu'elle vous donne une sécurité contraceptive, vous protège des aléas hormo-naux que vos ovaires "libérés" vous feraient subir dans les années de la périménopause. Votre poids reste en général stable et, en tout cas s'il augmente, ne vous fera pas montrer du doigt votre pilule, dont vous savez par expé-rience l'innocuité sur ce sujet en ce qui vous concerne. L'arrêt de la pilule, dans ce contexte, ne pourrait que vous faire prendre un éventuel risque de surpoids devant l'émergence des symptômes classiques de la périménopause à type de gonflements et de congestion du corps.
Vous ne prenez pas la pilule et votre méde¬cin, parce qu'il ne parvient pas à vous équili¬brer sans bloquer vos ovaires, vient de vous proposer la pilule contraceptive. Si vous êtes en train de prendre du poids et de vous débattre avec la plupart des symptômes à type de "rétention d'eau" de la périménopause, vous écarquillez en général les yeux et vous deman¬dez si votre médecin n'est pas carrément tom¬bé sur la tête ! Comme on vient de le voir, la stratégie qu'il vous propose est au contraire particulièrement astucieuse puisque, si l'on vous compare à un petit bateau ballotté sur la mer démontée de votre océan hormonal..., la pilule est le moyen qui, la plupart du temps vous fera enfin réintégrer votre port d'attache en eau calme !
C'est ainsi, par l'annulation des poussées d'estrogènes dont vos ovaires sont alors capables, que la pilule se propose de relever le challenge de la gestion de votre périménopause. Et de nombreuses femmes, à leur grande surprise, constateront que leur courbe pondérale se calme, voire même qu'elles parviennent à nouveau à maigrir, dès lors qu'elles auront adopté une pilule dans cette phase particulière de leur vie.
Un certain nombre d'entre vous devront cependant l'arrêter pour effets secondaires tels que troubles veineux importants, démasquage d'une hypertension artérielle jusqu'ici latente, augmentation inaccéptable du cholestérol sanguin. Et c'est dans ces situations particulières que le médecin pourra encore vous proposer des solutions de remplacement que j'appelle de "fausses vraies pilules". Elles sont "fausses" - car elles n'ont pas reçu d'autorisation de mise sur le marché par le ministère de la Santé dans cette indication et qu'elles ne se présentent pas sous la forme de pilules conditionnées dans un blister de 21 jours - mais elles sont "vraies" car elles bloquent la fonction ovarienne ce qui est véritablement le "nerf de la guerre" dans ces situations de périménopause partculièrement troublées. Ce sont par exemple : le Lutéran 5® (à la dose de 2 comprimés), la Surgestone 0,500® ou le Lutényl® (à la dose d'un comprimé par jour 21 jours sur 28) ou encore l'Androcur, pris 21 jours sur 28. Mais l'Androcur est beaucoup trop dosé dans sa présentation française (50 mg) ; 2 à 5 mg/jour suffiraient amplement. C'est à cet¬te posologie que ce progestatif anti-hormone mâle - que l'on utilisera avec beaucoup de succès dans les situations particulières de trop d'hormones mâles avec acné, hyperpilosité, séborrhée, chute de cheveux... - devrait être utilisé en période de périménopause. L'Androcur® bloque en effet le fonctionne¬ment ovarien dès la posologie de 2 mg/jour. On peut espérer que lorsque l'Europe du médicament sera effective les Françaises pourront alors bénéficier de l'Androcur sous la forme de comprimés à 10 mg (comme c'est par exemple le cas en Belgique, en Suisse ou encore en Allemagne) et dès lors, en cassant leur comprimé en deux ou en quatre, obtenir les posologies souhaitées.
À ces quatre progestatifs (hormones proches de la progestérone), le médecin pour¬ra associer - selon les besoins exprimés par l'éventuelle survenue de bouffées de chaleur, de suées, de migraines... - une faible dose d'estrogène naturelle (sous la forme de com-primés, de timbres cutanés, ou encore de gel).
En conclusion, la pilule est loin d'être l'en¬nemi n° 1 du poids des femmes! Cette crain¬te était largement justifiée lors de l'utilisation des premières pilules des années soixante. Nous disposons aujourd'hui de produits très sophistiqués qui, alliant le faible dosage des deux composés de la pilule à l'amélioration constante des progestatifs, garantissent aux
femmes une stabilité pondérale remarquable.
Bien sûr, il faut, comme toujours en médecine, compter avec les cas individuels de contre- indication ou d'intolérance rance ; l'utilisation de la micro-pilule peut alors représenter une alternative fort intéressante. D'autre part, nous l'avons vu, la pilule est susceptible d'effacer, tous les symptômes de la périménopause au sein desquels la prise de poids est l'un des plus importants.
Enfin, pour celles qui ne "supportent pas" les estrogènes de synthèse des pilules (éthynil oestradiol), il est possible aujourd'hui de bloquer l'ovulation avec des progestatifs aussi anodins, sinon plus, que ceux contenus dans les pilules actuelles, associés à de petites doses d'estrogène naturel identique à celui fabriqué par les ovaires, le 17 bêta oestradiol.

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