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DOSSIER MENOPAUSE
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Un survol rapide


L'arrêt du fonctionnement ovarien :

Si la périménopause peut emprunter le «masque» d'une ménopause avec une interruption des règles pendant plusieurs mois, voire de huit à dix, la ménopause, elle, se traduit par l'arrêt définitif du fonctionnement ovarien pendant au moins douze mois : plus de production hormonale (estrogènes et progestérone) ni d'ovulation.

La transformation des seins :

Malgré l'absence d'estrogènes et de progestérone (un de leurs supports hormonaux les plus importants), les seins continuent parfois à vivre, car ils restent sensibles à bien d'autres hormones : les hormones mâles (sécrétées par les surrénales), les neuro hormones (d'origine cérébrale), ou celles d'origine hypophysaire comme la prolactine, etc. La disparition des estrogènes et de la progestérone se remarquera par le calme qu'elle engendre : il est en effet assez rare d'affronter des « tempêtes mammaires » après la ménopause.
Mais que se passe-t-il à l'intérieur du sein ? Si tout est affaire de personnes, on constate pourtant une grande ten¬dance à l'augmentation du tissu graisseux au dépens de la glande elle-même (acini et canaux galactophores). Au fil du temps, ce tissu se substitue à la glande et le tissu fibreux lui-même se raréfie : les mammographies effectuées aux alentours de la cinquantaine montrent souvent un sein constitué de quelques îlots glandulaires résiduels, entourés de bandes de tissus fibreux plus ou moins effiloché ; tout le reste de la glande et du globe étant envahi par la graisse.
Ces mammographies ont l'avantage d'être très lisibles, car la graisse donne une image homogène, claire et transparente, contrairement au tissu fibreux et à la glande, qui envahit la radio de fibres blanches, denses, inextricables et souvent indéchiffrables, surtout en cas de tissu hypertrophique.
Attention ! Il vous faudra une sacrée dose d'humour ou de tolérance vis-à-vis du radiologue, lorsqu'à la lecture de ses comptes rendus de mammographies, vous tomberez sur des termes souvent désopilants (!) tels que : « involution lipomateuse », « disparition de la glande mammaire au profit de la graisse », ou encore «sénescence mammaire » « reliquat glandulaire atrophié », etc.
L'aspect esthétique des seins

A la ménopause, l'aspect esthétique des seins est donc variable. Lors de cette désertification hormonale, un tissu glan¬dulaire encore prépondérant aura certainement tendance à se dégonfler, à perdre du volume et de sa... superbe ! Vos seins deviendront peut-être tristes,comme         « inhabités» et l'enveloppe cutanée vous désespérera par son manque d'arrogance.
En revanche, si le tissu graisseux s'est harmonieusement substitué à la glande, vos seins ne changeront pas de volume, et le passage à la ménopause ne s'accompagnera d'aucune modification esthétique particulière. Le tissu graisseux, en effet, est beaucoup plus indépendant des hormones sexuelles que ne l'est la glande, ainsi leur absence ne va pas considérablement « modifier » le paysage.
J'ai reçu de nombreux témoignages de femmes, étonnées et ravies de constater que leur poitrine n'avait jamais été aussi belle qu'après la ménopause. La graisse a enfin donné à leurs seins la forme et le volume souhaités, ce que jamais la glande (tissu fibreux et glande mammaire) n'avait pu leur procurer.

La ménopause, vos seins et le médecin

Comme nous venons de le voir, la ménopause est une période de grand calme pour vos seins, contrairement à celle de la périménopause.

Les traitements de la ménopause

La thérapie substitutive de la ménopause consiste à prescrire des estrogènes, sous forme de gel cutané, de patch (une sorte de timbre cutané) ou de comprimés et des progestatifs.
Les estrogènes se prendront par exemple du premier au vingt-cinquième jour du mois, et les progestatifs du quatorzième au vingt-cinquième jour. Si l'on ne souhaite pas de règles, le médecin peut prescrire un traitement «non-stop» asso¬ciant quotidiennement et sans interruption estrogènes et progestatifs.
Tout l'art du thérapeute réside dans le juste dosage du traitement hormonal.
Il faut :
• utiliser des produits de bonne qualité (estrogènes naturels et progestatifs francais) ne pas vous entraîner dans un « sous-dosage estrogé¬nique» (qui ferait persister une partie ou la totalité des symptômes de la ménopause), ni dans un surdosage (gonflements, douleurs du sein, prise de poids, « rétention d'eau »).
Lorsque je prescris un traitement de la ménopause à mes patientes, je leur explique souvent ses signes de « sous » ou de « surdosage ».
Calmes, plats, tristes ou à l'inverse douloureux, durs, gonflés, les seins, ces merveilleux récepteurs traduiront fidèlement ce mauvais dosage et permettront au médecin attentif de se donner une idée de la juste dose hormonale à administrer. (En cas d'absence de ces symptômes, il sera alors nécessaire d'équilibrer le traitement à partir d'autres données).

Les seins «à problèmes »

Les seins qui ont toujours «posé des problèmes» (formation de multiples kystes, de boules douloureuses et autres misères) ne font pas, à mon avis, l'objet d'une contre-indication au traitement hormonal de la ménopause. Le médecin aura alors spécialement à coeur de ne pas reproduire cette symptomatologie en prescrivant les médicaments hormonaux de substitution. Il lui faudra donc diminuer un peu les doses d'estrogènes et/ou augmenter celles du progestatif. Il n'existe malheureusement pas de recette unique: tout est affaire de doigté et d'expérience afin que chaque femme puisse bénéficier de son traitement « sur mesure ».
La chirurgie esthétique

Dans un tout autre ordre d'idées, vous choisissez souvent la période de la ménopause pour faire appel à une chirurgie esthétique de vos seins : soit pour la simple cor¬rection d'une «ptôse » (le sein tombe), soit pour associer celle-ci à la mise en place de prothèses qui augmenteront le volume de votre poitrine. Certaines d'entre vous, au contraire, demanderont « une réduction mammaire » (diminution du volume des seins) pour une poitrine qui, déjà volumineuse, a encore été augmentée par la prépon¬dérance du tissu graisseux à la ménopause.

Une surveillance active
La surveillance des seins doit être particulièrement active après 50 ans : c'est la période de prédilection du cancer du sein. Et, avec ou sans hormonothérapie, un contrôle mammographique régulier (chez un radiologue compétent et disposant d'appareils de qualité) tous les deux ans, par exemple, est absolument indispensable.
Il faut ajouter que les autres récepteurs hormonaux (en particulier l'utérus) demandent souvent des thérapeu¬tiques hormonales, qui se répercuteront évidemment aussi sur la vie de vos seins. Prenons un exemple : une femme de 45 ans porteuse d'un fibrome, (muet jusqu'ici) entre en périménopause. Ces désordres hormonaux ovariens causent des règles hémorragiques. Elle constate en même temps que ses seins durcissent, ce qui la gêne considérablement (même si elle y trouve quelques avantages esthétiques). Pour calmer les hémorragies et éviter l'intervention chirurgicale, le médecin prescrit un traitement progestatif. Cette femme remarquera alors que non seulement ses règles sont redevenues normales, mais que ses seins se sont apaisés par la même occasion. Le même trouble (trop d'estrogènes et pas assez de progestérone) déclenchait deux symptômes classiques sur deux récepteurs différents : hémorragies de l'utérus et douleurs et          « boules » dans les seins. En conclusion, la périménopause et la ménopause sont, pour vos seins, des périodes très riches en événements. Cela s'explique d'autant mieux qu'ils représentent l'un des principaux récepteurs des hormones sexuelles d'ori¬gine ovarienne. Jamais, dans toute votre vie, n'auront été réunis autant de facteurs aptes à susciter autant de réponses, plus ou moins codées et compréhensibles, de la part de vos seins. En première ligne les troubles hormo¬naux, mais n'oublions pas que périménopause et méno¬pause sont des périodes souvent vécues de façon complexe et riches en crises (conjugales, mais aussi professionnelles, amicales...). Cette décade est souvent marquée par la maladie ou la disparition de vos parents et le départ de vos enfants qui quittent le nid familial (ou qui s'y incrustent). Carrefour hormonal de toutes ces émotions, de tous ces chambardements hormonaux, vos seins s'expriment dans leur langage, avec leurs symptômes. Il faudra alors res-pecter, décoder et comprendre la plupart d'entre eux. S'ils deviennent vraiment trop insupportables (surtout pendant la périménopause), le médecin choisira un traitement approprié.

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