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OCTOBRE ROSE
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Peut-on prévenir le cancer du sein ?

Un temps de retard

Actuellement, nous ne pouvons malheureusement prétendre barrer la route aux phénomènes cellulaires aboutissant au cancer du sein. Ce que nous savons : il faut dix, quinze, voire vingt à trente ans à certains cancers pour éclore. Les cancérologues sont unanimes : la boule n'est que la face visible d'un iceberg, dont la genèse remonte à de nombreuses années et quand elle apparaît, quand elle est perceptible, nous avons déjà perdu un temps extrêmement précieux.
Certains cancers se révèlent en quelques mois : parfaitement impalpables et invisibles à la mammographie, ils se confirment ensuite avec arrogance. Mais la plupart se développent lentement : c'est là leur vulnérabilité, c'est là que nous pouvons prétendre agir.

Enrayer la genèse d'un cancer du sein ?

Le cancer du col de l'utérus passe, lui, par plusieurs stades parfaitement hiérarchisés, depuis l'atteinte totale¬ment bénigne au véritable cancer; au cours de ces étapes il finit par franchir la frontière entre le bénin et le malin. Cette évolution dure quelques années. La pratique des frottis de dépistage, consistant à recueillir un panorama des cellules du col de l'utérus par simple grattage de sa surface, permet un diagnostic instantané en objectivant l'éventuelle marche vers la maladie.
Dès lors, la destruction des cellules anormales par des moyens simples (le laser, par exemple) permet de changer la destinée biologique des cellules du col de l'utérus : le cancer est enrayé, il n'éclora jamais.
En ce qui concerne le sein, les choses sont bien plus complexes : espérer obtenir un panorama cellulaire des deux glandes mammaires par un moyen anodin, relève de l'utopie. Les seuls moyens dont nous disposons ont une ambition bien plus restreinte :

Les antihormones

L'emploi d'anti-estrogènes est à présent une thérapeutique recommandée pour la plupart des tumeurs cancéreuses à récepteurs hormonaux positifs. Les études récentes plaident pour une diminution importante de la mortalité et des récidives lorsque ces antihormones sont administrées.

La radiothérapie et la chimiothérapie

La radiothérapie est dirigée sur le sein ou sur les gan¬glions atteints : les rayons, émis par le cobalt ou par l'accélération des particules (électrons), visent à tuer les cellules cancéreuses. Le plus souvent elle vient en complément de la chirurgie (avant ou après) ; mais elle peut aussi être utilisée seule lorsqu'on estime que les rayons suffiront à éradiquer la tumeur et ses éventuelles métastases ganglionnaires. Effectuée à raison de trois séances par semaine pendant quatre à huit semaines, elle est en général parfaitement bien tolérée, aussi bien sur le plan local que général.
Il existe aussi des irradiations localisées à la tumeur (curiethérapie) : on place des aiguilles d'iridium dans le « lit » de la tumeur (une fois qu'il a été extirpé) afin de délivrer plus de rayons sur l'endroit malade et moins sur les tissus sains.
La chimiothérapie consiste à administrer des substances très agressives envers la tumeur.
Elle est de plus en plus souvent envisagée en raison de son efficacité.
Elle est le plus souvent mise en œuvre après la chirurgie et avant la radiothérapie.

Donc :

Les différentes stratégies thérapeutiques sont variées et complexes, et dépendent autant de l'intime conviction de l'équipe thérapeute que de la classification du cancer, de l'âge, de l'hormono-dépendance, etc. Comme nous venons de le voir, on peut adopter une chronologie variable pour la mise en oeuvre de la thérapeutique d'une même tumeur.
Notons ici les progrès considérables de la reconstruction mammaire, telle la pose de prothèses, qui, même lorsqu'il a fallu enlever la glande, résout de manière acceptable le douloureux problème des conséquences esthétiques de l'amputation. Devant l'impossibilité à enrayer la genèse d'un cancer du sein, le diagnostic doit être le plus précoce possible - alors que le cancer est en marche. Plus tôt se fait le dépis¬tage, plus les chances de guérison sont grandes.
Pratiquer des biopsies chirurgicales ?
Bien sûr, nous connaissons des états cellulaires mam¬maires bénins qui exposent les femmes à un risque accru de développement d'un cancer ultérieur : comme les mas¬toses sévères (dysplasies, hyperplasies...).Mais ces états bénins suspects ne conduisent pas immanquablement, très loin s'en faut, au cancer du sein. De plus, leur mise en évidence suppose une agression du sein (biopsie chirurgicale, car la simple ponction à l'aide d'une aiguille est insuffisante) qui limite considérablement une pratique routinière et quotidienne comme on le fait par exemple avec les frottis du col. D'autre part, il n'existe pas de symptômes spécifiques qui pourraient permettre une présélection des femmes candi¬dates à la biopsie chirurgicale mais seulement des images radiologiques. Nous sommes bien désarmés face à la prévention du cancer : faut-il pour autant baisser les bras ? Certes non, car, je le répète, si nous ne pouvons prévenir l'éclosion d'un cancer du sein, nous pouvons avoir l'ambition très énergique de le dépister le plus rapidement possible. Je vais donc vous exposer brièvement les différentes tech¬niques de dépistage dont nous disposons.

L'examen clinique : Un geste tabou

L'examen des seins devrait être obligatoire, quelles que soient les circonstances de la consultation. Je pense sur¬tout, bien sûr, aux généralistes, aux gynécologues, aux médecins du travail, aux homéopathes, acupuncteurs, chirurgiens esthétiques, etc., que vous consultez pour une raison ou une autre.
Nous n'en voudrons pas, en revanche, aux spécialistes, tels les ORL, urologues, et autres gastro-entérologues de ne pas observer vos seins.
Nous avons vu à quel point cet examen était parfois mal accepté avec  par la femme et effectué avec réti¬cence par le médecin, en raison de la lourde symbolique du sein féminin. Ainsi, certains praticiens préféreront épargner (de façon totalement paradoxale) cette épreuve à leurs patientes... . Le rôle du médecin consiste pourtant à diagnostiquer et à soigner : il est urgent de transgresser ces tabous pour banaliser cet examen qui peut sauver un grand nombre de vies humaines.
Efficacité de la palpation
Bien sûr, la palpation reste un examen de dépistage tardif, car il est très difficile, même pour un médecin très expérimenté, de déceler des tumeurs au diamètre inférieur à un centimètre. Pourtant, elle reste essentielle, car vous conviendrez qu'il est préférable de dépister une tumeur de 2,5 centimètres, passée inaperçue jusque-là, que d'attendre qu'elle ait 3 ou 4 centimètres!
La palpation essaie de « limiter les dégâts » : plus la tu¬meur dépistée est petite, plus vous avez de chances de guérir.
A ce propos, j'aimerais que vous compreniez un point essentiel : si le médecin ne trouve rien à la palpation, aussi minutieuse soit-elle, cela ne signifie malheureusement pas que vous ne développez pas de cancer du sein ou encore que votre médecin est un incapable. Je préfère que cela soit clair pour éviter de créer un climat d'incompréhension entre vous et votre médecin. A partir de 35 ans, l'examen des seins devrait avoir lieu deux fois par an. Grâce à la pilule (utilisée par plus de 30 % des Françaises en âge de procréer) cet examen se pratique maintenant sur beaucoup de femmes très Jeunes (dès 17-18 ans) à un rythme bi-annuel. Le frottis annuel de prévention du cancer du col doit s'accompagner automatiquement d'un examen des seins.
En conclusion, l'examen clinique du médecin, malgré ses limites, demeure tout de même une des clés de la découverte précoce du cancer du sein.

L'auto-examen des seins : son utilité

Vous êtes bien peu nombreuses à le pratiquer. Et vous avez vos raisons: cela vous angoisse, car tout vous paraît «boules » à l'intérieur de vos seins, vous en venez même à soupçonner votre corps en permanence, et cela vous déprime.
Pourtant, en théorie, vous êtes infiniment mieux pla¬cées que le médecin pour cet examen. Chaque poitrine a sa consistance propre, ses conformations spécifiques, ses particularités anatomiques. Vous connaissez la vôtre mieux que quiconque, il vous est donc beaucoup plus facile d'en déceler les plus subtiles modifications. De plus, vous pouvez les examiner en permanence et non une ou deux fois par an, dans le meilleur des cas !
L'expérience prouve que, davantage que les méde¬cins, c'est vous qui percevez en général une boule anormale. Et même si l'on sait que ces découvertes sont le plus souvent dues au hasard, et non à une auto-palpation systématique, cela ne peut que militer en faveur de cet autodépistage. Une remarque : pas plus que les médecins, vous ne pourrez déceler les nodules au diamètre inférieur à un centimètre.

Son impopularité

Hélas, tous ces arguments rationnels s'effondrent dans la pratique quotidienne. Et l'on peut admettre, je le conçois fort bien, qu'il est extrêmement pénible d'éprouver une suspicion permanente (mais légitime) vis-à-vis de ses seins. Quoi, il faudrait imaginer, semaine après semaine, mois après mois, année après année, que vos seins puissent abriter cette maladie susceptible de vous ôter la vie?
Un sentiment intolérable, insupportable, sans doute, pour un tempérament optimiste, tonique et joyeux, et cet examen peut rendre bon nombre des femmes cancéro¬phobes. Voilà probablement pourquoi vous le pratiquez si peu, malgré les campagnes de sensibilisation des médias, malgré les exhortations plus ou moins énergiques de vos médecins.
Car il signifie : « Ne vous inquiétez pas, vous n'avez sûrement pas de cancer du sein, mais il serait bon de vous en assurer chaque mois de votre vie ! »

Sa technique
A la fin de vos règles, lorsque les seins sont le moins tendus et le moins sensibles (la période prémentruelle est certainement la pire pour ce genre de dépistage!), vous commencerez par les examiner dans la glace. Toute dissy¬métrie insolite d'un sein par rapport à l'autre, toute dif¬férence dans la direction même des mamelons, tout fronce¬ment particulier de la peau à un endroit précis, toute raideur, doivent être tirés au clair. Mais attention : pour vous éviter toute angoisse superflue, n'oubliez pas que seins et mamelons ne sont pas symétriques, loin de là ! Puis, couchée sur le dos (par exemple dans la baignoire), les doigts enduits de savon (pour intensifier la perception tactile), vous explorerez avec ceux de la main droite, bien à plat, le sein gauche, que vous diviserez en quatre quadrants. Chaque élément de glande pris en sandwich entre vos doigts et le plan dur de vos côtes, doit rouler et vous transmettre des impressions tactiles. Ensuite, vous n'oublierez pas, bien sûr, d'explorer sous le mamelon et de le presser doucement pour en extraire quelques gouttes physiologiques plus ou moins colorées.

Sa difficulté selon les différents seins

Des seins très homogènes et parfaitement élastiques facilitent l'examen, car la moindre boule est alors percep¬tible ; d'autres, extrêmement granuleux, inhomogènes et pleins de boules, offrent à vos doigts anxieux des reliefs pour le moins tourmentés, carrément impossibles à inter¬préter. Certains seins se prêtent moins bien à l'examen que d'autres : ils sont totalement hermétiques à toute palpation, car ils peuvent présenter aux doigts qui les exa¬minent de multiples nodules qui ne sont en fait que des « exacerbations » glandulaires.
Une habitude à encourager

En conclusion, il est clair que l'autopalpation peut par¬faitement dépister un certain nombre d'anomalies qui per¬mettront aux femmes d'accélérer le diagnostic de nodules cancéreux.
Finalement, l'efficacité de cet examen dépend pour une large part de la personnalité de chacune, et de l'éventuelle difficulté technique à réaliser cette surveil¬lance. Nous ne pouvons qu'encourager celles pour qui l'autosurveillance des seins n'est qu'un geste anodin, qui ne pose pas de problème, technique ou affectif. De ce point de vue, les campagnes médiatiques en faveur de l'auto-examen des seins doivent se poursuivre, car parmi les 46 % de Françaises qui ne le pratiquent pas, beaucoup s'abstiennent certainement faute d'informa¬tion. Mais nous ne pouvons blâmer celles qui, parfaite¬ment au courant de cette possibilité de diagnostic, ont décidé de ne pas pratiquer l'auto-surveillance. Pour ces dernières, une alternative intéressante reste la surveil¬lance médicale, par la mammographie, d'ailleurs beau¬coup plus efficace, comme nous le verrons prochainement.


La mammographie et l'échographie des seins


Voici finalement les vrais examens clé de dépistage du cancer du sein : à pratiquer tous les 18 à 24 mois à partir de 40 ans.

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