rechercher dans le site



- Maladies et petits Bobos
- Préoccupations des Mamans
- Questions Accouchement
- Après l'Accouchement

rechercher dans le site


Nous adhérons aux principes de la charte HONcode de HON Nous adhérons aux principes de la charte HONcode.

Vérifiez ici






 


***




<< retour

imprimer cet article


L'ÉTERNEL DÉBAT: ALLAITER OU NE PAS ALLAITER ?

Pour l'allaitement

Je constate que, selon les époques, près d'une femme sur deux choisit de ne pas allaiter son petit et de le nourrir d'emblée au lait artificiel, c'est-à-dire au biberon. Je constate aussi que l'allaitement maternel dure rarement plus de trois mois en France.
De tous temps, bon nombre d'écoles médicales, philo¬sophiques et morales se sont chamaillées à ce propos.
Arguments biologiques

Les arguments en faveur du lait maternel ne manquent pas de bon sens, c'est ce qu'il y a de mieux pour le petit d'homme : il est livré à volonté, à bonne température, et normalement exempt de tout germe. Beaucoup de méde¬cins pensent que, par l'intermédiaire de ce liquide biolo¬gique, la mère transmet à son petit toutes sortes de subs¬tances utiles, des anticorps, bien sûr, pour qu'il se défende contre d'éventuelles agressions microbiennes, mais aussi des « messages » protecteurs, parfois sophistiqués dont on ne connaît pas encore la teneur. Contrairement à ce que l'on croit aujourd'hui, la biologie humaine a encore beau¬coup à découvrir, et l'on conçoit bien que le fait d'imagi¬ner que le lait puisse être un « média » biologique essentiel de la mère vers son petit ne relève pas de l'hérésie intellec¬tuelle.
Arguments affectifs

L'allaitement suppose un rapprochement des corps. La mère, dans un large mouvement d'enveloppement, rap¬proche la tête de son bébé de la sienne, lui communique sa chaleur, la douceur de sa peau, son odeur (des expériences ont montré qu'un nourrisson était capable de reconnaître parmi d'autres l'odeur maternelle), bref, son affection et son amour. Il ne fait aucun doute que l'enfant se sente magnifiquement protégé en cet instant privilégié, l'un des plus intenses de sa nouvelle vie, celui où il va s'alimenter.

Bien au chaud, rassuré par la présence physique de sa mère, par son odeur familière, par le son de sa voix bien-aimée dont le souvenir remonte aux origines mêmes de sa vie intra-utérine « craquant » littéralement de volupté sous ses caresses et ses gestes précautionneux, il va, ô bon¬heur suprême, pouvoir adapter sa bouche ouverte à un globe chaud mais tiède, tendu mais voluptueux, généreux et sucré.
Par un réflexe inné de succion, il découvre qu'il peut faire jaillir à volonté un liquide particulièrement délicieux « fait pour lui » : délicatement sucré et consistant, qui, tandis qu'il l'absorbe, lui procure un sentiment de pléni¬tude et de satisfaction intenses. Plus tard, repu, il connaîtra souvent la volupté de s'endormir, son petit nez enfoncé dans l'une de ces mammelles généreuses et moelleuses, dispensatrices de gourmandise, de sécurité et... d'amour.
Il me paraît évident que ce contact de peau à muqueuse, ce moment privilégié et si émouvant, qui rap¬proche la mère du nouveau-né, représente un événement d'une intense sérénité, un instant parfait dans leur rela¬tion d'amour. Un rituel alimentaire apte à « consoler» le nourrisson de l'extrême frustration d'avoir été expulsé de l'utérus maternel et de ne plus baigner - tel un petit pois¬son - dans sa bulle foetale.

Arguments pratiques

Tout à fait accessoirement, on pourra aussi vous vanter les mérites pratiques de l'allaitement maternel pas de biberons ni de tétines à laver, pas de stérilisation, pas de problème de mise à température du lait, pas de tétines plus ou moins percées, l'allaitement maternel peut s'effectuer n'importe où et ne nécessite aucune logistique matérielle particulière.

Le refus d'allaiter

Il y a aussi des femmes qui refusent d'allaiter et elles sont fort nombreuses.
Un peu d'histoire

L'émancipation de la femme passe aussi par le libre choix de l'allaitement maternel ou artificiel. Lorsqu'elles n'avaient pas cette alternative, que nous étions encore très marqués par notre condition animale et biologique, les femmes allaitaient leurs petits, sans même imaginer qu'il puisse en être autrement. Elles étaient d'ailleurs « proté¬gées» des grossesses trop fréquentes par cet allaitement quasi obligatoire, puisque le fait d'allaiter empêche, dans 70 à 80 % des cas, le retour de couches, c'est-à-dire le recommencement du fonctionnement hormonal ovarien, avec ovulation à la clé et donc possibilité de nouvelle gros¬sesse. Puis, quelles que soient les civilisations, on constate que dans l'Histoire des femmes, l'allaitement maternel a toujours été remis en question dès que les femmes déci¬daient de mettre quelque distance entre les impératifs bio¬logiques et elles. En effet, lorsqu'une société humaine évo¬lue, se modernise en devenant de plus en plus humaine et de moins en moins animale, l'allaitement maternel cède le pas à l'allaitement artificiel. Moralisateurs et potentats des siècles précédents fustigeaient ces « mauvaises mères » qui confiaient leurs petits à des «nourrices profes¬sionnelles ».
Aujourd'hui, la situation est claire : plus une société est évoluée, moins l'allaitement maternel est prisé.
Si près d'une Française sur deux nourrit son petit, la durée de l'allaitement dépasse rarement trois mois. Ne sont-elles pas attachées à ce rituel seulement pour les symboles dont il est empreint - affection, amour et rap¬prochement charnel - plus que pour sa valeur nutritive et biologique? Car, en toute logique, un enfant ne devrait pas être sevré si tôt : rien ne justifie, sinon les structures de notre société, de nos mentalités, l'arrêt de l'allaitement maternel au profit du biberon dès le troi¬sième mois.
Faut-il condamner le refus d'allaiter ?

Celles qui ne désirent pas allaiter le disent calme¬ment, mais fermement à leur entourage et aux médecins (généralement « proallaitement maternel ») dont les arguments sont, pour la plupart, ceux que je viens de développer. Mais il faut reconnaître que, excepté le cas d'enfants prématurés de faible poids, les avantages médicaux de l'allaitement maternel ne sont pas si faciles à démontrer.

Y-a-t-il un danger quelconque à ne pas allaiter ?

En ce qui concerne les bébés nés à terme et nourris au sein maternel, il est extrêmement ardu, en matière d'étude épidémiologique, de justifier un quelconque militantisme en faveur de cette forme d'allaitement.
Pourtant certains médecins n'hésitent pas à culpabili¬ser leurs patientes (couplet sur les «mauvaises mères ») en évoquant la santé très fragile du futur enfant nourri au biberon, voire à les menacer pour elles-mêmes de quelques maladies (le cancer apparaît souvent en fili¬grane dans ces menaces) qui pourraient frapper le sein coupable de ne pas assurer son rôle.
Ce sont des arguments fallacieux : les enfants - non prématurés - élevés au biberon, se portent aussi bien que les autres, et physiquement et intellectuellement. Quant à vos seins, ils n'encourent aucune sanction d'ordre pathologique si vous avez choisi de ne pas allai¬ter. Il ne faut pas confondre : c'est le fait de n'avoir jamais été enceinte, ou de l'être sur le tard, qui consti¬tue un facteur de risque de cancer du sein, et non celui d'allaiter ou pas ! Aussi, certains médecins, dont je suis, laissent le choix à leurs patientes, sans jamais les mena¬cer de ce genre de représailles.

Ne pas allaiter à contrecoeur

Car il faut savoir qu'un sein donné à contrecoeur, avec dégoût ou simplement de mauvaise humeur, ne créera pas ce « lien magique» biologico-sensuel entre une mère et son petit. Comme s'il était muni d'antennes, le nouveau-né perçoit tous les sentiments qui animent sa mère, c'est pourquoi mieux vaut un biberon dans la douceur qu'un sein dans la mauvaise humeur !

Réfutation des arguments biologiques

Qu'en est-il de toutes ces substances biologiques mal connues et tous ces anticorps supposés être transmis par le lait maternel ? Selon certains médecins, ils n'ont aucun intérêt, car la plupart d'entre eux seraient impi¬toyablement détruits par le suc gastrique de l'enfant dans les secondes qui suivent leur ingestion ! Les faits prouvent qu'un enfant nourri au biberon résiste autant que les autres aux maladies infectieuses. Ces fameux anticorps contenus dans le lait maternel ne seraient donc qu'un leurre ? Il me semble évident que le nourrisson dispose d'un système immunitaire autonome, réagissant vivement dès qu'il est stimulé par une agression microbienne. Car il ne faut pas oublier que les «échanges d'anticorps» et même ces «messages biologiques» (qui restent encore à découvrir) auront pour la plupart sans doute pu s'effec¬tuer par la voie placentaire, c'est-à-dire sanguine.

<< retour



conception site JPVA - Repèrecom