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L’examen gynécologique: obsoléte?
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Elle est là devant vous, tendue. Elle le redoute, elle vous avoue qu’elle a mal dormi, fait des cauchemars.

 Il y était question de pénétration vaginale violente, de brutalité, de douleurs, … .
Elle est là, en face de vous, et c'est son « premier examen gynécologique ».
Et vous, parce que vous êtes « un bon docteur », humain, compatissant, et tout, et tout, vous lui expliquez patiemment le speculum, le toucher vaginal, la palpation des seins.
Elle n'en est pas rassurée pour autant.
Et même si l'usage de plus en plus répandu du speculum plastique à usage unique lui évitera le bruit « de caisse à outils » au moment du choix du speculum, lui évitera aussi cette sensation désagréable de froid communiqué par le métal inoxydable. Il est une chose sur laquelle on ne pourra pas faire l'impasse, c'est « l'écartement des parois vaginales » à la recherche du col utérin, geste dont l'inconfort est-vous le savez- inversement proportionnel à l'activité sexuelle de la patiente.
Indépendamment des sensations ressenties, il y a aussi ce sentiment « d'effraction corporelle » sensée être subie « gynécologiquement parlant » dans la passivité la plus totale.
Puis il y a ces deux doigts vaginaux qui partent à la recherche du fond vaginal, certes juste un peu moins agressifs que le speculum, mais qui finiront sans doute de convaincre que l'Intimité cela n'existe plus.
Quant à la main pelvienne qui cherche, appuie, force la paroi musculaire, s'attarde ici et là avec cette sensation bizarre que l'on joue à s'envoyer d'une main à l'autre, vos propres entrailles.
Restent les seins : on va les regarder, les soupçonner, les palper, en presser les mamelons, oui, sans doute, la partie la moins pénible de l'examen, surtout qu'elle en annonce la fin.
Tout cela aura duré quelques minutes au plus, mais « franchement Docteur, est-on obligée d'y passer ; au XXIème siècle vous n'avez vraiment rien trouvé d'autre… ? »
Certes, on pourrait remplacer le toucher vaginal par une échographie pelvienne qui, il faut le dire, serait dans de nombreux cas, bien plus informative que le toucher vaginal.
Certes, on pourrait aussi remplacer le frottis par un « home test » : chaque femme serait invitée tous les deux ou trois ans à s'introduire une tige souple et fine au fond du vagin à la recherche de l'ADN des HPV. Pas de spéculum, pas de douleur et moins de faux négatifs ou positifs que les frottis.
Mais le col, les parois vaginales, encore faut-il pouvoir les  « regarder » : on sait aujourd'hui faire de l'hystéroscopie, de la tuboscopie… ne me dites pas que nous ne pourrions pas inventer un « vagino-colposcope » dont l'introduction vaginale serait beaucoup plus acceptable que l'antique speculum.
Oui, ces alternatives sont certainement possibles mais quel en serait le coût ? Car un « bon TV » tient aisément la comparaison avec une « bonne échographie » et… ça coûte beaucoup moins cher !
Alors, faut-il dire aux femmes que si l'examen gynécologique reste encore si « antique », c'est pour faire des économies ?
Je crains fort que cette annonce soit particulièrement mal reçue par les intéressées

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