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LE THM est relaxé!
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Le traitement hormonal de la ménopause (THM) n'en finit plus de terroriser les femmes : faisons le point en 2012.

Malgré les protestations des experts du monde entier, l'étude américaine WHI a anéanti le traitement de la ménopause. Je constate dans ma pratique quotidienne les répercussions préoccupantes du terrorisme médiatique qui a dissuadé une majorité de femmes de le suivre. Tant bien que mal, ce traitement doit désormais renaître de ses cendres.
 
 
Examinons d'abord le risque cardiovasculaire
La WHI (2002) est l'étude américaine qui a bouleversé tout ce que nous savions des relations entre le traitement de la ménopause (THM) et le risque cardiovasculaire, c'est-à-dire la faculté de faire des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux.
Jusque-là, toutes les études disponibles allaient dans le sens d'une diminution de ce risque de l'ordre de 50 %. Ainsi, même si le risque cardiovasculaire à travers la WHI est très faible, on est soudainement passé d'une protection de 50 % à une petite augmentation du risque, ce qui a tout fait basculer.
Qu'en est-il du risque de cancer du sein sous THM ?
On savait dès 1997 qu'il existait une petite augmentation du risque, c'est-à-dire qu'il y avait quelques cas de plus de cancer du sein pour des dizaines de milliers de femmes traitées durant 5 à 10 ans.
À l'époque, toutes les instances de santé publique avaient convenu qu'il n'y avait pas lieu de remettre en question les avantages du THM, car non seulement il élimine les troubles de la ménopause, mais il diminue également le risque d'ostéoporose et le risque cardiovasculaire.
En revanche, à partir du moment où la WHI annonçait que le THS était associé à une augmentation du risque cardiovasculaire, celui-ci a été mis sur la sellette, car il ne présentait plus suffisamment d'avantages par rapport aux inconvénients.
Les experts non écoutés
Pourtant, les experts du monde entier se sont immédiatement indignés, proclamant que la population étudiée dans la WHI ne correspondait absolument pas à la cible habituelle du THM (dans la WHI, les femmes avaient une moyenne d'âge de 64 ans, 1/3 avaient plus de 70 ans ; elles présentaient souvent des troubles cardiovasculaires, une hypercholestérolémie, une hypertension et une obésité non négligeable). Tout cela explique les accidents cardiovasculaires plus fréquemment retrouvés chez les femmes de l'étude WHI (qui ne correspond pas du tout à la cible habituelle des femmes : de 50-65 ans).
Alors, comment une telle campagne de communication à l'encontre du THS a-t-elle pu être menée à l'encontre des avis des experts du monde entier ? Cette question reste pour moi une énigme.
Rebondissement avec les données françaises
En 2004, une première étude française menée par l'INSERM à partir d'une population recrutée par la MGEN (Mutuelle Générale de l'Éducation nationale) retrouve l'augmentation du risque de cancer du sein avec tous les types de THS, sauf un largement utilisé dans notre pays : celui contenant de la progestérone micronisée bio- identique. Ce ne sont donc pas les œstrogènes qui conditionnent l'augmentation du risque de cancer du sein, mais les progestatifs. Et selon les tout derniers résultats publiés, un deuxième progestatif utilisé en France est innocenté : la dydrogestérone. Ainsi, aujourd'hui, les choses sont très claires vis-à-vis du cancer du sein : le risque varie selon le progestatif contenu dans le THS et on peut donc s'en affranchir.
Pour en revenir au versant cardiovasculaire, deux événements ont eu lieu début 2006
Premièrement, la Nurses Study, une étude portant sur une grande population d'infirmières de Boston, confirme une diminution du risque cardiovasculaire de 50 % chez les femmes de 50 à 60 ans prenant un THS.
Deuxièmement, la WHI publie une nouvelle analyse de ses résultats, en tenant compte cette fois-ci de l'âge des participantes. Ceux-ci montrent alors que le risque augmente chez les femmes de plus de 60 ans, mais diminue chez les femmes de 50 à 60 ans. Et les auteurs de la WHI précisent par ailleurs que la population étudiée ne comprend pas suffisamment de patientes de 50 à 60 ans pour obtenir des données réellement significatives. Ils avouent donc définitivement que la population qu'ils ont étudiée ne correspond pas à la population des femmes ménopausées !
Le versant cardiovasculaire de l'étude française E3N a ensuite innocenté le THS.
Finalement, la seule chose que la WHI nous ait apprise sur ce sujet : il ne faut pas proposer le THM à des femmes très loin de la ménopause, surtout si leurs artères sont déjà abîmées (par l'âge, les graisses sanguines, le diabète, le surpoids, le tabac…).
En fait, dans la « vraie vie » ceci est exceptionnel : le THM est prescrit d'abord aux femmes « jeunes ménopausées ».
En conclusion, les femmes de 50 à 60 qui commencent leur traitement en début de ménopause n'ont pas d'augmentation de risque cardiovasculaire ni de cancer du sein si leur THS contient les progestatifs mis en exergue par l'étude E3N.
Pour continuer avec les bonnes nouvelles...
Comme on le sait, les media ont horreur des bonnes nouvelles, ce qui explique que vous n'êtes sans doute pas au courant !
 Soulignons l'innocuité des estrogènes cutanés. En effet, alors que les estrogènes pris par voie orale ont la réputation d'augmenter le risque de thrombose veineuse (phlébite) et d'embolie pulmonaire, une grosse étude INSERM française (ESTHER) conclut que les estrogènes cutanés ne sont pas associés à une hausse de ces affections.
 Le NHS (National Health Service) britannique vient, à la lumière de nouvelles études de la fin 2011 et début 2012, critiquant fortement entre autres la WHI, d'écrire sur son site web (17 janvier 2012) que cette étude se révèle incapable de démontrer que le THM augmente ou non le risque de cancer du sein !
Les médecins français avaient donc raison de prescrire majoritairement, depuis plus d'une vingtaine d'années, des estrogènes par voie cutanée et de la progestérone micronisée.
Hélas, depuis le tapage de la WHI, la moitié des Françaises qui prenaient un THS ont arrêté leur traitement. Elles ne vont pas bien, prennent pour certaines de grands risques d'ostéoporose, ne bénéficient plus d'une surveillance gynécologique aussi régulière, moins de dépistage du cancer du sein, moins de frottis du col.


 


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