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Les perturbateurs endocriniens
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FAUT IL EN AVOIR PEUR?

Perturbateurs endocriniens : au tour du paracétamol d'être soupçonné, jusqu'où ira-t-on ?


« Substances toxiques omniprésentes », « urgence sanitaire », « responsables de l'épidémie d'obésité et de diabète » : les perturbateurs endocriniens font de plus en plus la une de l'actualité.

De quoi s'agit-il ? -Des études suggèrent que l'exposition à certaines molécules-appelées « perturbateurs endocrinien » capables d'interagir avec notre système hormonal serait liée au développement de maladies : cancers, troubles de la fertilité, etc.
Certaines molécules ont bien un effet démontré sur la santé : il n'est pas question d'exposer les populations à ces molécules. Les choses sont d'ailleurs claires et la réglementation est de plus en plus exigeante sur ces produits. Et tant mieux ! Mais pour une foule d'autres molécules le simple soupçon suffit aujourd'hui à condamner et à alerter la population comme le si le fait était avéré !

Maintenant qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ? En effet, il existe de nombreuses molécules naturellement présentes, qui peuvent interagir avec notre système hormonal, sans que notre organisme ne s'en trouve perturbé. Et ces molécules nous en absorbons tous les jours ! Ainsi lorsqu'on déguste un steak frites dans une brasserie (avec les hormones naturelles du bœuf lui-même, bien sur  présentes dans ses muscles), accompagné d'une bière (des substances présentes dans le houblon interagissent aussi avec notre système hormonal) ou d'un café (la caféine interagit avec notre système hormonal), nous ingérons bien des substances qui interagissent avec nos hormones sans pour autant provoquer d'effet négatif pour notre santé.

Faudrait-il dès lors interdire tous les  produit capables d'interagir avec notre système hormonal au nom du fameux » principe de précaution »? La vie est chimie, qu'on le veuille ou non .Et toutes les chimies de la terre interférent avec la nôtre. La question clé est non pas de savoir si ces molécules interagissent avec nos propres molécules -leur nombre est infini- mais de faire la différence entre celles qui peuvent provoquer une maladie et les autres.
Et pourtant on ne cesse de vous alarmer et les alertes sont quasi quotidiennes, en voulez quelques exemples ?
- Des chercheurs de l'INSERM ont montré que des « antidouleurs », dont le paracétamol, auraient des effets hormonaux antihormones mâles. Cela signifie-t-il que c'est un perturbateur endocrinien et que l'on doit l'interdire aux femmes enceintes ? Et alors que les anti inflammatoires ne doivent pas âtre utilisés pendant la grossesse (car les preuves de toxicité existent ici de façon consensuelle), que va-t-on recommander aux femmes enceintes qui souffrent de migraine ou d'une forte fièvre? De rester seule avec leur douleur et de serrer les dents ?  Des saignées ? De la méditation ? Doit-on alerter les futurs mères en consultation ? Vont-elles penser, à tort, que le Doliprane®qu'elles ont pris pendant leur grossesse aurait pu causer des problèmes de santé à leur enfant ?
- Second exemple : la pilule contraceptive. Elle bloque l'ovulation ou la nidation d'un embryon, empêchant de ce fait la procréation : un superbe exemple de perturbateur endocrinien ! Elle assure la contraception mais, de plus elle protège de certains cancers les femmes qui la prennent (ovaires et colon). Va-t-on l'interdire parce qu'elle est un perturbateur endocrinien, alors qu'on l'utilise justement pour ces effets ?
Soyons clairs : souhaiter protéger les femmes enceintes et leurs futurs bébés des perturbateurs endocriniens parmi ceux qui pourraient poser des problèmes de santé, est un combat juste et fondamental mais….encore faut-il le mener avec discernement. Or aujourd'hui il semble que « tout doive passer directement au statut de coupable dès le moindre soupçon
Alors d'accord : recommandons leur de ne manger que du bio, de bannir toutes les boîtes de conserve, de s'interdire toute canette de soda, de ne pas se laver, ne pas se brosser les dents… Et maintenant aussi de se débrouiller pour soulager leur douleur et leur fièvre sans médicament.
Soyons raisonnables : il existe des molécules qui perturbent de façon néfaste notre système hormonal, (comme par exemple le Distilbène dans les années 60) et d'autres qui interagissent avec notre système hormonal sans entraîner d'effet négatif sur notre santé.
 Les molécules qui perturbent négativement notre système hormonal sont aujourd'hui interdites ou sont en voie de l'être. Et nous avons tous intérêt à ce progrès. La recherche progresse de manière continue pour définir des tests qui seront binetôt utilisés à l'échelle internationale. Mais ne mettons pas à la poubelle toutes ces molécules, naturelles ou de synthèse, inoffensives pour notre organisme aux doses auxquelles nous sommes exposés.
Ne jetons pas celles non plus qui font plus de bien que de mal à notre santé ou notre société : le paracétamol récemment mis en cause  en est un exemple frappant.   

Alors qu'une Stratégie Nationale sur les Perturbateurs Endocriniens va bientôt être publiée, gardons à l'esprit qu'interdire une substance pour la seule raison qu'elle interagit avec notre système hormonal nous mènera à des situations absurdes car…. alors il faudra interdire entre autres soja, paracétamol, café et pilule contraceptive……

Les décisions politiques sont en train de se prendre, attention à ne pas laisser l'émotion et la politique dicter leurs règles à la Science. Les perturbateurs  endocriniens ne doivent pas devenir le cache misère des politiques de santé publique sur la prévention des « maladies non transmissibles ».

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