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MEDICAMENTS "PSY" ET POIDS
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20 04 07 -Une question revient souvent : les médicaments contre l’angoisse et la dépression font-ils prendre du poids ?

 

Vous en témoignez tous les jours dans nos consultations. Et bien sûr, si le psychiatre prescripteur (ou tout autre spécialiste, voire le médecin généraliste) ne semble pas préoccupé par cette prise de poids, c'est qu'il considère en général que la cessation des symptômes — angoisses, grandes dépressions nerveuses, phobies, obsessions, délires... — valent bien quelques kilos supplémentaires. Le moins que l'on puisse dire, c'est que vous ne réagissez pas avec indifférence face à ces kilos induits par ces médicaments dont vous reconnaissez par ailleurs souvent le bien-fondé. Mais parfois, à la réticence d'absorber ces comprimés (ressentis comme majeurs et susceptibles de transformer votre personnalité) s'ajoute la crainte de la prise de poids : vous signifiez au prescripteur que vous n'êtes pas favorable à cette thérapeutique.

Passons ces médicaments en revue :

– Les neuroleptiques : le Largactil®, le Trilifan®, le Haldol® sont des drogues dont on sait, études à l'appui, qu'elles peuvent faire prendre entre 3 et 8 kg.

– Les antidépresseurs de la famille des IMAO ont eux aussi un effet de prise de poids. Les antidépresseurs tricycliques ont été très largement étudiés dans ce contexte et ont montré, eux aussi, un gain de poids de 2 à 5 kg chez les patients dépressifs traités par cette danse de médicaments. À cela trois raisons probables : un effet " désinhibiteur " qui augmente l'appétit, les excès caloriques d'origine glucidique que ces médicaments provoquent et enfin un probable dérèglement du métabolisme des glucides.

– Le lithium, très largement utilisé pour stabiliser les patients et patientes dépressives, provoque aussi souvent une prise de poids.

– Les anxiolytiques (les benzodiazépines) tels que le Valium®, le Tranxène®, le Seresta®, le Temesta®, le Lexomyl® sont soupçonnés d'augmenter le " grignotage ".

Il est impossible ici de faire la liste de tous les médicaments à visée psychotrope pouvant favoriser une prise de poids. Retenez seulement que tous peuvent avoir cette action défavorable. Mais un facteur essentiel devra aussi être pris en compte : celui de votre réceptivité individuelle à ce médicament : celui qui vous fait grossir peut parfaitement ne pas modifier le poids d'une autre femme qui en prend pourtant deux fois plus que vous et inversement.

D'une manière générale, celles qui ont le plus de chances de prendre du poids lors de l'utilisation de ce type de médicaments, sont les femmes qui ont déjà connu par le passé " des problèmes de poids " ou qui ont des antécédents familiaux d'obésité ou de surpoids ; celles aussi qui ont déjà connu des périodes d'augmentation provisoire de l'appétit à l'occasion de difficultés et de contrariétés ; celles encore qui ont toujours eu un poids instable subissant de grandes variations atteignant parfois 5 à 6 kg ; enfin, celles qui ont des antécédents de tabagisme ou d'alcoolisme, voire de toxicomanie.

La prescription de un ou de plusieurs des médicaments de la famille des " psychotropes " devrait donc toujours être accompagnée d'avertissements quant à la possible prise de poids, étant entendu que le contexte de la maladie psychiatrique prime : autant il peut être intéressant de prévenir la prise de poids d'une femme traitée pour dépression nerveuse — pour ne pas accentuer sa souffrance morale —, autant il est totalement illusoire de se préoccuper de cet aspect des choses chez une schizophrène.