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LES RAISONS DE LA PRISE DE POIDS
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Elles restent encore complexes. C’est un fait : si nous ne savons pas encore complètement aujourd’hui ce qui fait qu’une femme grossit à cette période de la vie, nous commençons d’en mieux cerner les causes.

Entre 45 et 55 ans, une femme sur deux se
plaint d'avoir pris du poids. Le savoir populaire
sur ce sujet semble univoque : " Ne plus avoir
ses règles fait grossir ! " Ce " mauvais sang "
que l'on retient, qui ne peut plus s'écouler, "
arrondirait " les femmes !
En réalité, cet embonpoint trouve des
explications bien plus prosaïques comme nous
allons le voir.

Prend-on vraiment du poids à la ménopause ?
C'est ce que vous nous dites en consultation et
nous sommes évidemment très tentés de vous
croire ! Cependant, les études
épidémiologiques consacrées à ce sujet ne
sont pas aussi affirmatives. Dans notre étude
du CERIS (en 1993), nous avons constaté
que, entre 20 et 50 ans, la prise de poids
moyenne est de 10,6 kilos. Mais, lorsque l'on
regarde les courbes de progression du poids,
on s'aperçoit qu'entre 20 et 60 ans, elles sont
très harmonieuses, quel que soit le pays
européen considéré, et ne subissent aucun
pic, aucun affolement aux alentours de la
cinquantaine. Une autre étude, celle de Kaye
(en 1990), sur une population américaine, fait
les mêmes constatations : les courbes de prise
de poids restent très linéaires et l'on voit que le
fameux indice de masse corporelle (IMC)
augmente très régulièrement de 20 à 60 ans,
sans à-coup : il est de 21,3 à 20 ans, de 22,8 à
30 ans, de 24,5 à 40 ans, de 25,1 à 50 ans et
de 26,35 à 60 ans. Je vous rappelle que le
surpoids est défini par un IMC supérieur à 25.
Et, si l'on calcule les indices de masse
corporelle successifs de l'enquête CERIS, on
constate exactement la même progression
avec un indice de masse corporelle ayant
atteint 25, à 50 ans.

Alors, j'ai une explication qui peut réconcilier
les épidémiologistes et la constatation
quotidienne des femmes : c'est bien vers 50
ans que vous entrez dans la zone du surpoids
en atteignant un indice de masse corporelle
égal ou supérieur à 25. Auparavant, certes,
vous aviez pris du poids, mais votre indice de
masse corporelle s'inscrivant entre 20 et 25,
cela ne vous semblait pas insupportable. C'est
à mon avis l'entrée dans le monde du surpoids
qui s'opère vers 50 ans, stigmatisée par
l'accession au chiffre 25 de l'indice de masse
corporelle, qui déclenche chez vous le
sentiment que, cette fois-ci, trop c'est trop !

La réduction des dépenses énergétiques
Vous le savez, le métabolisme de base
diminue progressivement avec l'âge : nous
dépensons de moins en moins pour vivre.
Dans le même temps, nous n'avons pas, la
plupart du temps, modifié à la baisse le
contenu de nos assiettes (ou pas
suffisamment). D'autre part, ce même
métabolisme de base est diminué lorsque la
masse maigre (et en particulier la masse
musculaire) diminue et que la masse grasse
(la quantité de graisse contenue dans le corps)
augmente. Or c'est exactement ce qui se
passe au fur et à mesure que les années
passent. Je vous le rappelle, les muscles
consomment beaucoup d'énergie pour vivre
(près de 18 calories par kilo de muscle par
vingt-quatre heures), alors que la graisse est
un tissu particulièrement économe en dépense
d'énergie.

L'énergie dépensée au cours de la digestion
diminue d'autant plus que vous sautez un
repas (la solitude peut vous y encourager), que
la durée du repas est brève et, surtout, qu'elle
est riche en glucides et en graisses (coût
énergétique de la digestion très faible) et
qu'elle est pauvre en protéines. Je vous
rappelle que digérer des protéines " coûte "
très cher. En général, on ne bouge plus à 50
ans comme à 20 ans : les dépenses
énergétiques de l'activité physique sont, la
plupart du temps, à la baisse à cette époque
de votre vie.
On se rend compte ainsi que tout concourt à
ce que chaque calorie ingérée soit stockée
sous forme de graisse : les dépenses
d'énergie sont fortement diminuées alors que
vos apports énergétiques restent stables.
La carence hormonale
Nous l'avons vu en détail, un grand nombre de
symptômes tels que les bouffées de chaleur,
les suées, l'insomnie, la fatigue... sont
susceptibles d'induire un certain nombre de
modifications à la hausse de votre
alimentation, tant sur le plan quantitatif que
qualitatif.

La crise existentielle
Il est rare que l'on puisse en faire l'économie. Il
importe de se donner les moyens de la
résoudre rapidement (et en particulier à
l'adoption d'un traitement estroprogestatif).
Cette crise induit nombre de troubles du
comportement alimentaire (grignotage,
fringales...) qui concourent à augmenter la
ration calorique quotidienne.

Les modifications des graisses circulant dans le sang
On sait aujourd'hui que lorsque les estrogènes
sanguins diminuent ou disparaissent, les
fractions lipidiques (graisses) du sang
s'élèvent. Ainsi le cholestérol et les
triglycérides atteignent-ils, en général, des taux
tout à fait significatifs. Le métabolisme
glucidique — la façon dont on métabolise des
sucres — est lui aussi souvent ébranlé par
cette carence hormonale. Ces dégradations
métaboliques étaient, jusqu'à la ménopause,
parfaitement contrôlées par les hormones
ovariennes — chez les hommes, au contraire,
les hormones mâles ne semblent pas avoir ce
pouvoir. Aussi, à la ménopause, le " profil
glucidolipidique " féminin tend donc à rejoindre
son analogue masculin.


La graisse de l'abdomen : selon que vous êtes ménopausée ou non
Il s'agit d'un travail de C.J. Ley effectué en
1992.
La composition corporelle de 61 femmes non
ménopausées a été comparée à celle de 70
femmes après la ménopause. La proportion de
masse grasse abdominale est de 38,3 % chez
les femmes non ménopausées contre 42,1 %
chez les femmes ménopausées. À titre
d'information et de comparaison, les mêmes
auteurs ont étudié la masse grasse
abdominale de 103 hommes et ont constaté
qu'elle constituait, chez eux, 48,6 % de leur
masse grasse totale.
Les femmes ménopausées non traitées ont
des formes abdominales qui se rapprochent
donc progressivement de celles des hommes.

Je vous rappelle que le traitement hormonal de
la ménopause s'oppose à cette évolution des
choses.

Le petit " bedon " de la ménopause
Les estrogènes stimulent une enzyme, la
lipoprotéine-lipase fémorale qui provoque la
formation de graisse sur les cuisses, situation
normale chez toute femme normalement
cyclée. Or, lors de la ménopause, du fait de
l'absence d'estrogènes, c'est la lipoprotéinelipase
abdominale qui est stimulée et induit
une transformation tout à fait caractéristique du
sexe masculin : elle accumule de la graisse sur
le ventre : c'est le petit " bidon ". Cette graisse
abdominale — au contraire de la fameuse "
culotte de cheval " qui vous désespère tant —
est dangereuse sur le plan cardio-vasculaire
car elle augmente le risque de graves
accidents matériels cardiaques et cérébraux.
Le traitement estrogénique de la ménopause
rétablit le fonctionnement normal de la
lipoprotéine-lipase fémorale avec distribution
normale de la graisse aux endroits féminins
traditionnels.
" Mon corps change... ", nous dites-vous
souvent lors des consultations. Car vous l'avez
bien sûr remarquée, cette accumulation de
graisse nouvelle en des points jusqu'ici
toujours épargnés que sont le ventre, les
seins, les épaules, les bras...
La graisse située sur l'abdomen et dans la région fémorale (les cuisses) varie
selon le statut hormonal des femmes
C'est le résultat d'une étude ayant porté sur
129 Françaises obèses dont l'indice de masse
corporelle moyen était de 26,5.
Les auteurs ont étudié les variations de la
localisation de la graisse chez 29 femmes
n'ayant encore aucun trouble hormonal, 24
femmes en périménopause et 76 femmes
après leur ménopause. Aucune de ces
femmes ne recevait un traitement hormonal.
Le pourcentage de masse grasse située sur
les cuisses fut trouvé égal à 37,6 % chez les
femmes préménopausées et à 35,2 % chez les
femmes après la ménopause. Et il existe entre
ces deux chiffres une différence
statistiquement significative. Dans le même
temps, les médecins constataient une
augmentation du pourcentage de graisse
abdominale qui était de 17,4 % chez les
femmes sans aucun trouble hormonal et de
18,57 % chez les femmes en postménopause.
Ce travail illustre de façon tout à fait
convaincante les changements de composition
corporelle des femmes selon qu'elles sont, ou
non, ménopausées.

Et c'est ainsi que les femmes ménopausées
non substituées hormonalement qui prennent
du poids voient une graisse totalement insolite
les envahir. L'adoption d'un traitement
hormonal de la ménopause ne vous prémunit
évidemment absolument pas contre l'" invasion
de la graisse ", mais elle vous garantit au
moins qu'elle se localisera dans les " endroits
féminins ", c'est-à-dire ceux qui, et cela vous
consolera sûrement, ne vous font pas courir de
risque cardio-vasculaire particulier.
Les facteurs psychologiques
Nous savons l'anxiété liée à l'installation de
cette période charnière qu'est la ménopause ;
elle est largement responsable de
l'augmentation de la ration alimentaire
quotidienne. Et de nombreux stress ressentis
— perte du pouvoir de fécondité, du pouvoir
professionnel, de la séduction, des enfants qui
" quittent le nid " ou au contraire " s'incrustent "
— poussent les femmes à augmenter
sensiblement, souvent à leur insu, mais pas
toujours, leur consommation alimentaire

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