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LA QUANTITE DE MASSE GRASSE
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La composition corporelle et son calcul

Il s'agit d'une donnée très importante. En effet, imaginons que vous pesiez 60 kilos : de quoi sont-ils faits ? De muscles ? D'os ? De liquide (sanguin entre autres) ? De graisses ?
Selon la proportion de graisse composant notre corps, nous pouvons dépasser les renseignements, somme toute assez grossiers, que nous donne notre balance. Prenons plusieurs exemples.
Martine, qui mesure 1,60 m pèse 65 kilos. Elle se trouve trop grosse. Son indice de masse corporelle (IMC=Poids en kg divisé par la taille que multiplie la taille et au dessus de 25 on entre dans le surpoids) est égal à 25,3 ; elle frôle donc le surpoids en termes de formule médicale. Elle voulait en fait peser 55 kilos, c'est-à-dire 10 kilos de moins, ce qui ramènerait son indice de masse corporelle à 21,5 — un peu au-dessus de la limite inférieure de la " normalité " du poids. Martine a 25 ans. Il serait tout à fait intéressant de connaître la nature exacte de ses 65 kilos. Certes, il y a de fortes chances pour que son surpoids s'inscrive dans une surcharge graisseuse, mais nous sommes parfois surpris — maintenant que nous savons déterminer la composition corporelle d'un individu — de constater qu'un apparent surpoids est parfois composé en majorité d'une surcharge musculaire ; nous appelons cela alors une surcharge de masse maigre. Les médecins ont de tout temps essayé de déterminer ces différents composants corporels. Leur imagination et leur ingéniosité ont récemment mis au point un examen particulièrement performant dans ce contexte : la densitométrie ou DEXA.


Dual Energy X-ray Absorptiometry ou densitométrie par absorptiométrie bioénergétique. Technique " nec plus ultra ", c'est celle qui a ma préférence. Elle est dérivée de la densitométrie osseuse aux rayons X et consiste à exposer le corps entier du sujet à un faisceau de rayons X différents par leur énergie ; cette différence d'énergie fait que les deux faisceaux de rayons X ne pénètrent pas de la même façon les tissus.

Lorsque ces faisceaux traversent les tissus, ils " atténuent " leur énergie diversement selon la nature de ces derniers. On mesure les différentes atténuations des deux rayonnements et l'on obtient une image grâce à un ordinateur. L'examen dure 10 minutes et répond, au gramme près, en précisant — outre le poids total, que l'on pourrait obtenir bien évidemment par la simple pesée sur une balance — les différents constituants de ce poids et en particulier les pourcentages de masse maigre et de masse grasse. Cet examen de plus en plus souvent disponible est devenu l'examen de référence lorsque l'on cherche à obtenir une composition corporelle. Il s'agit d'un examen qui, d'ores et déjà, est de plus en plus répandu : il n'est plus l'apanage des centres ultra spécialisés. Il suffit en effet pour le radiologue équipé d'un appareil de densitométrie osseuse — évaluation de la densité du squelette utilisé dans le cadre de la prévention de l'ostéoporose ménopausique — et d'un logiciel ad hoc pour être en mesure de procéder à l'examen. L'image est imprimée et donnée sous la forme de photos et de chiffres. Les photos montrent un squelette entouré de tissus dont l'intensité différente permet de distinguer les muscles de la graisse. Les chiffres, eux, donnent avec précision le pourcentage de masse maigre et de masse grasse, et la masse du squelette. L'avantage de cette technique, outre qu'elle est de réalisation aisée en centre non spécialisé, est de pouvoir donner des compositions corporelles localisées. C'est ainsi que l'on peut étudier tout particulièrement la masse grasse androïde (masculine) de l'abdomen ou encore celle gynoïde (féminine) des cuisses et des fesses. Le fait de pouvoir disposer du poids exact du squelette est évidemment un des avantages non négligeables de cette technique, dans la mesure où l'on va pouvoir définitivement se débarrasser des incertitudes quant à ce point précis : on sait que le poids du squelette est variable d'un sujet à l'autre en fonction de l'âge, de la " constitution "... et que de toutes façons pour les femmes qu'il ne dépasse qu'exceptionnellement...2,5KG ! Les résultats de pourcentage de masse grasse et de masse maigre sont comparés à ceux, théoriques, d'un adulte jeune de 25 ans et du même sexe. L'examen n'est pas coté à la nomenclature des actes médicaux ni remboursé par la Sécurité sociale.
La DEXA est donc devenu aujourd'hui l'examen de référence lorsqu'il s'agit de déterminer les différents éléments du poids d'un individu. Cette technique n'enlève cependant rien à la valeur de l'évaluation des plis cutanés ou encore du rapport taille/hanche qui ont l'avantage d'apporter souvent une précision suffisante et surtout d'être de réalisation simple lors de la consultation pour un coût égal à zéro franc.
Il n'en reste pas moins que seule la densitométrie peut aujourd'hui prétendre nous faire comprendre de façon simple et reproductible ce qui se passe lorsqu'un individu est trop gros, lorsqu'il maigrit, qu'il reprend du poids, qu'il expérimente un régime particulier, qu'il prend de l'âge, etc. La plupart des publications scientifiques exigent aujourd'hui l'utilisation de cette technique, à mon sens " la " technique actuelle de référence.

La composition corporelle mesurée par la DEXA à différents âges de la vie

Le docteur suédois Ole Lander a étudié la variation de la composition corporelle auprès de 407 femmes en bonne santé âgées de 18 à 75 ans. Il a constaté, comme à l'habitude, une croissance à peu près régulière du poids. Mais l'intérêt de cette étude réside dans le fait de noter en parallèle les variations de la masse grasse et de la masse maigre.
Ainsi, entre 18 et 69 ans le pourcentage de masse grasse du poids total de ces femmes est passé de 25 % à près de 37 % ! Cette augmentation a surtout porté sur les localisations androïdes (masculines), c'est-à-dire l'abdomen, puisque, si la graisse abdominale était de 24,4 % jusqu'à 39 ans, elle a augmenté soudain à partir de 40 ans (28,9 % entre 40 et 49 ans) et diminué un peu entre 50 et 59 ans (35,7 %), pour définitivement atteindre les sommets à 38,7 % à partir de 60 ans. Dans le même temps, la masse maigre (les muscles, les organes, les liquides, le squelette) a été en décroissant au fil de l'âge. Elle est restée finalement assez stable entre 18 et 49 ans : 43,5 kilos. Il a fallu attendre l'âge de 50 ans pour la voir décroître : 40 kilos entre 50 et 59 ans et 38 kilos entre 60 et 69 ans.
Les femmes de cette étude ne suivaient aucun traitement hormonal.

La mesure de la composition corporelle


Le cas de Madame E.
Madame E. vient consulter avec une surcharge pondérale manifeste. Elle a 69 ans, mesure 1,70 m et pèse 93,9 kilos. L'indice de masse corporelle calculé à 32,5 la propulse sans conteste parmi les obèses. Sa composition corporelle est définie : sa masse maigre est de 53,5 kilos ; elle devrait être théoriquement de 41,7 mais, comme on le sait, toute surcharge pondérale, si elle est en général majoritairement composée de graisse, s'accompagne d'une augmentation de la masse maigre.
La masse grasse est calculée à 40,43 kilos alors qu'elle ne devrait être théoriquement que de 19,90 kilos. Madame E. a une surcharge de graisse que l'on peut estimer à 21,5 kilos.
Grâce à la connaissance de la masse maigre de Madame E, nous allons pouvoir calculer ce que l'on appelle sa dépense énergétique de repos : elle est de 1 681 calories par vingt-quatre heures. Les conclusions de l'examen sont que Madame E. a un surpoids de 21,7 kilos et que ce surpoids est fait d'un surplus de masse grasse de 64 % et d'un surplus de masse maigre de 36 %.

Le cas de Madame A.

Madame A. est âgée de 25 ans, mesure 1,64 m pour 98,8 kilos. Son indice de masse corporelle de 36,7 est considérablement élevé. Elle pèse en effet 175 % du poids idéal, selon la formule de Lorentz.
Les chiffres de sa composition corporelle mesurée par DEXA sont les suivants :
– la précision du poids calculé par la machine (qui additionne masse maigre + masse grasse + masse calcique du squelette) est stupéfiante puisqu'il est estimé à 98,56 kilos (contre 98,8 kilos mesurés par la balance) ;
– la masse maigre est de 53,57 kilos, soit plus 30 % de la médiane adulte jeune ;
– la masse grasse est de 42,06 kilos, soit... plus 224 % ( !) de la médiane adulte jeune ;
– la masse calcique (squelette) est de 2,93 kilos, soit plus de 37 % de la médiane adulte jeune.
Ainsi cette femme a 42,7 % de son poids fait de graisse (contre 20 à 25 % maximum pour une femme standard.

Le cas de madame S.

Madame S. est âgée de 61 ans et demi, elle pèse 88 kilos et mesure 1,59 m. Son indice de masse corporelle est de 34,8 — l'obésité est définie pour un indice de masse corporelle supérieur à 27.
Les résultats de sa composition corporelle sont :
– masse grasse = 45,8 kilos, soit 52 % du poids total contre  25 % idéalement ;
– masse maigre = 41,47 kilos, soit 47 % du poids total)contre 70% idéalement ;
– masse calcique = 2, 27 kilos, soit 2,5 % du poids total.
La machine a déterminé ensuite les détails :
Bras :
– masse grasse = 4,3 kilos (graisse),
– masse maigre = 4,29 kilos (muscle + os).
Tronc :
– masse grasse = 20,48 kilos,
– masse maigre = 21,05 kilos.
Jambes + cuisses :
– masse grasse = 20,21 kilos,
– masse maigre = 13,35 kilos.
Conclusion : Madame S. pèse 166 % du poids médian adulte jeune.
Son surpoids est composé à 93 % de surplus de graisse et à 7 % seulement d'un surplus de masse maigre.

Les différents composants corporels du poids

Nous choisissons Martine qui a 25 ans et pèse 55 kilos :
– Poids de la graisse : 20 % du poids total = 11 kilos.
– Poids de l'eau extra-cellulaire, dont le sang : 25 % = 13,75 kilos.
– Poids des différents organes : 8 % = 4,4 kilos.
– Poids des muscles et de ce que l'on appelle la masse cellulaire : 32 % = 17,6 kilos.
– Poids de la peau et du squelette : 15 % = 8,25 kilos.
Colette, qui pèse elle aussi 55 kilos à 40 ans et a la même taille, n'obtiendra certainement pas les mêmes chiffres, parce qu'elle est boulotte. Les variations porteront bien évidemment surtout sur la masse grasse et la masse maigre. Quant à Irène, longiligne, 1,78 m, toujours 55 kilos, 18 ans, elle présentera, elle aussi, des mesures différentes, et en particulier avec une masse grasse à la baisse.

Lorsque vous maigrissez, que perdez-vous?

Vous êtes en train de maigrir et vous le constatez ; chaque semaine, sur la balance, vous perdez plusieurs centaines de grammes. Vous voici ravie : c'est ce que vous vouliez. Mais, quelle que soit la technique utilisée (restriction alimentaire " intelligente " ou non, utilisation de drogues " rationnelles " ou non...), vous ne savez absolument pas ce que vous êtes en train de faire fondre. Est-ce la graisse?  Est-ce le muscle ? Ou encore n'est-ce que... de l'eau ? Perdre de l'eau ne présente, sauf dans certaines circonstances (syndrome prémenstruel, traitement de la périménopause et de la ménopause mal conduit par exemple), en général aucun intérêt. L'exemple typique en est donné par une séance de sauna ou encore par l'absorption de diurétiques : vous perdez 500 g d'eau — Hourra ! 500 g sur la balance ! — que, fort heureusement, votre corps récupérera dès la première ingestion de boisson.
Autre exemple : vous n'absorbez depuis quelques jours — respectant à la lettre le régime " perdre 10 kilos en quinze jours " de votre hebdomadaire préféré — que des ananas ou encore que des tomates. Oh oui, vous maigrissez, et même de façon très encourageante ! Les kilos s'évanouissent comme par magie, jour après jour. Dans le même temps, vous ressentez une grande lassitude, vous êtes de mauvaise humeur, vous avez des malaises... C'est que, voyez-vous, vous êtes en train de brader, de façon vulgaire et grossière, votre capital vie — votre capital protéique. Vous perdez de la graisse, c'est sûr, mais aussi ô combien de muscles qui, dès lors, fondent comme du beurre au soleil ! Si vous tenez quinze jours (je vous souhaite sincèrement de flancher avant), vous aurez sans doute perdu quelques kilos dont une forte proportion de protéines que votre corps, en bon gestionnaire, s'efforcera de reconstituer le plus rapidement possible dès que votre alimentation sera redevenue cohérente. Mais reconstituer sa masse protéique n'est pas forcément chose aisée et les calories ingérées seront beaucoup plus facilement destinées à votre stock de masse grasse qui bientôt dépassera le niveau qu'il avait au début de votre malheureuse " expérience ananas ". Faisons donc le point : huit à quinze jours d'une alimentation délirante, frustrante, vous demandant en outre un effort de volonté surhumain, se soldent par différents malaises (physiques et psychiques), une masse grasse augmentée par rapport à sa valeur de départ et une masse musculaire largement écornée. Bravo, le régime ananas !
Imaginons maintenant que vous suiviez un régime " intelligent " comprenant, par exemple, 25 % de lipides, 25 % de protéines et 50 % de glucides, tout en maintenant votre ration calorique à environ — 30 % par rapport à celle que vous aviez auparavant ; vous allez perdre 2 kilos par mois. Sur ces 2 kilos, il y a vraisemblablement 1,5 kilo de graisse et 500 g de muscles. Il est quasiment impossible, même si l'activité sportive peut diminuer ce chiffre, de ne pas perdre de 10 % à 25 % de son poids sous la forme de protéines.
Ces trois exemples sont bien évidemment caricaturaux, mais avouez que chacune des candidates a maigri : sur la balance l'aiguille est allée carrément dans le bon sens. Pourtant, aucune de ces situations n'est comparable car le poids affiché sur la balance ne reflète jamais la réalité des faits.
 


 

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