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CANCER DU SEIN ET SEXUALITE
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QUAND LA "RESTAURATION DU VAGIN" EST UN ACTE FONDAMENTAL DE SANTE ET DE DIGNITE FEMININE

 

QUAND LA "RESTAURATION DU VAGIN" EST UN ACTE FONDAMENTAL DE SANTE ET DE DIGNITÉ FÉMININE

 

En effet l'atrophie et la sècheresse vaginales se rencontrent bien plus souvent que vous ne l'imaginez dans la vie de tous les jours au décours de pathologies loin d'être exceptionnelles.
Ce sont principalement les cancers féminins au premier rang desquels celui du sein, du col, des ovaires... 

La chimiothérapie des cancers, quelle qu'en soit la cause est souvent ennemie de votre vagin en ce sens : elle entraine souvent une ménopause qui sera le plus souvent définitive si instituée après 40/45 ans. Dès lors plus d’hormones ovariennes et donc assèchement possible du vagin.Les traitements « anti récidive » mis en œuvre pendant 5 ans sont aussi des « anti estrogènes qui contribuent aussi à l’atrophie des muqueuses vaginales.

Certaines endométrioses étendues, ménopauses précoces ou non avec contre-indication au traitement hormonal général sont aussi des situations au cours desquelles les femmes  peuvent rencontrer des douleurs vaginales pendant les rapports qui peuvent même souvent devenir impossibles ... .

 Abordons l'après cancer du sein : parmi ces situations, l'après cancer du sein ne manque pas quotidiennement d'interpeller les gynécologues des femmes. Non seulement il est fréquent (plus de 50 000 nouveaux cas dans notre pays chaque année) mais il impose très souvent ce qu'on pourrait appeler une « double punition. »

Punition d'avoir à se battre contre un cancer dont la symbolique des seins apporte sa propre note de gravité mais punition sexuelle aussi : dans la majorité des cas il faut combattre l'effondrement de la production hormonale des ovaires en estrogènes dont l'une des méchantes conséquences est l'atrophie et l'extrême fragilité des muqueuses de la  parois du vagin qui interdit souvent d'envisager de continuer d'avoir une vie sexuelle heureuse et épanouie.


Les conséquences sexuelles de l'après cancer du sein.

En bref la chimiothérapie, les traitements anti estrogènes longs après le cancer venant encore ajouter sa propre note anti hormonale (ce sont ce qu'on nomme par exemple les anti aromatases prescrites pour 5 ans) parfois aussi ovariectomie (ablation des ovaires) sont souvent à l'origine des transformations négatives du vagin et de la vulve.

Et vous n'osez pas toujours vous plaindre auprès de vos médecins de cette nouvelle donne ayant souvent honte de revendiquer une vie sexuelle alors que le cancer a été vaincu et vous subissez alors la situation de façon résignée ou même vous décidez d'arrêter toute sexualité en raison des douleurs ressenties, des saignements causés par des déchirures des parois vaginales lors du rapport, de la totale disparition de la notion de plaisir lors du rapprochement amoureux remplacée par celle d'une « corvée » subie dans l'impatience qu'elle se termine au plus vite.

Les gynécologues sont souvent confrontés à ces situations douloureuses pour lesquelles ils se sentent totalement désarmés.

Car ne comptons pas sur les traitements hormonaux généraux pour les soulager : vous êtes interdites de ces traitements .Quant aux hormones locales beaucoup de médecins hésitent à les prescrire dans la crainte de ré initier de cellules cancéreuses résiduelles.
Il ne reste ici que les lubrifiants à mettre avant les rapports, les soins vaginaux « cosmétiques » sans hormones sous forme de crèmes, d'ovules : leur efficacité est très limitée même si elles font mieux que rien.

Restaurer le vagin de telle manière que la sexualité satisfaisante puisse être retrouvée est notre challenge, notre devoir et c’est chose possible.

N’acceptons pas  de suggérer à nos patientes concernées de faire une croix sur leur sexualité - et pour elles et bien sûr aussi pour leurs partenaires.

 Les conséquences de l'insuffisance en estrogènes

La muqueuse du vagin (son « revêtement de surface ») devient pâle, ses plis sont moins marqués et moins nombreux. Le vagin perd de sa souplesse et de son élasticité. La paroi s'amincit et peut devenir fragile, friable. Les couches superficielles et intermédiaires de ses parois s'amenuisent progressivement puis disparaissent. La diminution ou le tarissement des phénomènes qui alimentent le milieu vaginal (desquamation des cellules de surface, sécrétion de la glaire du col de l'utérus et surtout transsudation à partir des vaisseaux) engendrent une sécheresse localisée.
La rupture de l'équilibre de l'écosystème vaginal favorise la prolifération de certains germes et des infections. Douleurs urinaires et cystites sont plus fréquentes. Sensations de gêne, brûlures ou encore prurit vaginal peuvent se rencontrer ou des infections vaginales récidivantes (vaginose bactériennes avec leur pertes malodorantes)

- Les solutions efficaces existent aujourdhui

C'est ici que les infiltrations d'acide hyaluronique et l'accès au laser vaginal peuvent vous être proposés entre autres.

En cas de carence hormonale, le traitement hormonal général et/ou local pourrait vous être proposés mais contre indiqués après cancer du sein.

  • Les infiltrations d'acide hyaluronique au cabinet du gynécologue sont une bonne solution (avec anesthésie locale).
  • Le laser vaginal est une autre façon de régénérer souplesse et hydratation aux parois vaginales (au cabinet du gynécologue sans anesthésie).



                                           Le laser vaginal


La séance dure en tout 15 à 20 mn au cabinet du médecin.

Le gynécologue introduit dans le vagin un tube (de calibre inférieur à celui d'un pénis) et une fois au fond va actionner le rayon laser tout en le retirant doucement afin que le laser agisse sur toutes les parois du fond du vagin à la sortie. Avec le laser Erbium :Yag (que j’utilise aujourd’hui après avoir longtemps pratiqué le Laser CO2) il faut procéder à 3 passages du fond du vagin à l’orifice du vagin : 10 minutes suffisent et vous pouvez vous rhabiller.
Aucune vraie sensation douloureuse, ni brûlure ni picotement. Aucune anesthésie locale ou autre n'est nécessaire. Pas de prémédication ou de médicaments à prendre après la séance.
Une fois la séance terminée vous pouvez continuer de mener une vie normale et rentrer chez vous.
Les rapports sexuels sont permis au bout de 48 heures.
Il faut envisager 3 séances à 4 ou 5 semaines d’intervalle.


Les résultats sont surprenants et parfois dès la première séance : grâce à la régénération du tissu conjonctif, collagène et élastique de la paroi vaginale, humidité naturelle revient, la lubrification revient à la normale pendant les rapports, la muqueuse perd da fragilité et …les douleurs  sexuelles disparaissent.

Si vous souhaitez plus d'infos voici un article ecrit pour ma revue Gynecologique GENESIS.  Cliquer ici

Si vous souhaitez voir une vidéo 3D de la procédure :Cliquer ici 

 

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